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Poésie Ce corps qui serpente

juin 2008 | Le Matricule des Anges n°94 | par Richard Blin

Air de la Méhaigne

Méhaigne, un nom aux sonorités qui « s’avalent (non sans un léger hoquet) et se gardent dans la gorge », un vocable dansant sur deux notes qui désignent une rivière se jetant dans la Meuse entre Namur et Liège.
À Noville-sur-Méhaigne vit l’un de ses amoureux, Jean Tournay, musicologue et facteur de clavecin, spécialiste mondial du clavicorde, l’ancêtre de l’épinette et du clavecin. Musique et magie des sons, il connaît, et les marie pour amener au monde des mots l’eau de sa rivière, depuis l’obscur secret des profondeurs originelles où elle prend sa source, jusqu’à sa disparition
dans la Meuse.
À son pas et avec la patience et l’attention requises, il en épouse l’âme nomade, la discrète véhémence. Il la longe, adaptant le rythme de sa phrase à sa progression presque insensible. Sujet infiniment fuyant, vie à fleur de sol, la Méhaigne, en d’invisibles battements, « dégage sa voie aveugle et progresse par méandres chantournés à vif ». Véritable écriture sur terre, « elle appuie son trait, l’accroche aux broussailles, l’allonge dans un vallonnement », s’infiltre dans la texture même du paysage. C’est une nudité tremblante qui tient autant du dépouillement que d’un érotisme qu’exalte Jean Tournay. « Une terre violacée, léchée de langues d’eau, apparaît dans l’entaille. Elle s’écarte et cède, recueille ce qui la comble en un incessant affouillement. Deux lèvres touffues enserrent l’écoulement. Deux rives (…) donnent une bouche à cette preuve sonore qui creuse le pli et amplifie son chant. » Verdeur, vigueur, lumière, tout favorise l’éveil des songes sous-jacents à la feuillure de l’eau. Et puis cette eau qui fuit, s’ajoute ou prend des allures méditatives, suscite mille questions dans son sillage. Qu’est-ce qu’un paysage ? Que regarde-t-on quand on regarde l’eau ? Que voit-on ? Une invitation à la dérive poético-amoureuse au cœur des paysages mis au monde par les rivières.

Air de la Méhaigne de Jean Tournay
La Table ronde, 88 pages, 12

Ce corps qui serpente Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°94 , juin 2008.
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