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Dossier Emmanuelle Pagano
Traces indélébiles

septembre 2008 | Le Matricule des Anges n°96 | par Thierry Guichard

Ce sont quatre monologues de femmes morcelés comme en un puzzle dont le motif n’aurait pas besoin d’être montré pour être vu. C’est d’abord l’épouse d’un riche viticulteur qui s’exprime, en une sorte de monologue intérieur. Elle est enfermée dans la maison de maître où le couple vit sans enfants mais pas sans domestiques. Elle est enfermée dans le rôle que son mari lui impose : tenir sa place. C’est une jeune femme en jean, avec un carnet d’écriture qui dépasse d’une poche arrière, qui vient faire le ménage. Et très vite, il y a cette phrase, qui déjà est un indice : « Faire le ménage aussi alors c’est écrire ». On peut inverser la proposition : « écrire c’est faire le ménage »…
L’épouse enfermée dans son mariage a mal à l’oreille. On verra qu’une bête s’y est introduite et c’est le genre de bête dont une fille peut rêver pour coudre les lèvres blessées d’un vagin. Le carnet de la femme de ménage parle de ça, l’épouse l’a lu : « Je reprends le texte sur les sexes protégés. Elle a mis des vers à soie dans les poils de son pubis préadolescent. Des poils soyeux. Elle décrit ça d’une façon qu’on a envie de caresser ».
La femme du deuxième monologue s’évanouit parfois à cause d’un problème d’oreille interne. À 60 ans, elle regarde vivre la femme de ménage évoquée tout à l’heure avec, quoi ?, de la honte et des remords. Elle a une petite fille qui est au CM2, dans la même classe précisément que celle où son fils aîné, avec d’autres, au début des années 80 ont régulièrement violé une gamine de leur classe. Tous les garçons, sauf l’autre fils, Claude, qu’on a traité de pédé.
Et puis, il y a l’institutrice. À 80 ans, elle vit toujours près de l’école où elle a enseigné puisque la maison de retraite donne sur la cour de récréation. De quoi raviver sa honte aussi. Elle non plus n’a pas voulu entendre la gamine, il y a vingt-cinq ans, qui criait non. Cette gamine qui aujourd’hui s’occupe d’elle, quand elle ne fait pas le ménage dans le plus grand domaine viticole de la commune… L’institutrice aujourd’hui est sourde. Comme si les cris d’alors avaient fini par lui percer le tympan.
Enfin, la dernière à parler est cette petite fille qui aujourd’hui est au CM2 et qui vient à la fête qu’on organise dans la maison de maître pour rassembler ceux qui ont fréquenté cette classe, l’année fatidique du viol collectif. Elle porte le secret familial comme une blessure, puisque son oncle, Claude, le lui a révélé. Le roman s’achève la nuit : l’enfant a mal au ventre, ses pertes blanches la font devenir femme. Dans le demi-sommeil où on l’a laissée, elle perçoit les gémissements d’une femme, des voix d’hommes. Ce sont comme des ombres qu’on entend à défaut de les voir. À condition de ne pas être sourd…
Le quatrième roman d’Emmanuelle Pagano est douloureux et âpre. Il est surtout inépuisable dans ses connections thématiques qui sont autant d’échos pour prolonger un cri venu de loin. Les traces indélébiles, il arrive qu’un écrivain les...

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