La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Laver les ombres

octobre 2008 | Le Matricule des Anges n°97 | par Richard Blin

La phrase est courte, l’écriture dépouillée, le rythme vif. C’est de Lea qu’il est question. Lea qui prépare le spectacle qu’elle donnera pour les dix ans de sa Compagnie. Lea qui aime, mais qu’une sorte d’intranquillité mine. Comme une fêlure par où elle est parfois aspirée, et qui lui a fait quitter tous les hommes qu’elle a aimés. Quelque chose comme une malédiction, une sorte de vacillation de l’identité, un point d’affolement soudain qui rend impossible l’existence de l’autre. C’est pour ça qu’elle danse, pour « altérer le vide », enchaîner peut-être aussi des mouvements qui ne seraient que les signes obscurs d’une langue secrète qui s’écrirait à son insu ? Et voici qu’en pleine tempête, elle part voir sa mère, qui a quelque chose à lui dire.
Cette nuit-là, elle va savoir, découvrir la vérité sur son origine. On comprend alors pourquoi Lea ne porte ni gants ni bagues, « rien entre l’air et les mains ». Pourquoi elle ne désire pas d’enfant et ne sait jamais vraiment où être, pourquoi sa vie se déroule sous le signe de l’entre-deux. Entre soi et soi, dit et non-dit, peur et révolte. Entre le français du père et la langue interdite de la mère, l’italien dont, enfant, elle n’avait pas les mots mais la vibration. « Dans tout le corps. Et elle dansait. » Une mère devenue l’esclave de l’homme pour lequel elle avait tout quitté, et qui trois ans durant, « dans une grande maison faite pour le plaisir des hommes », vendit son corps. Un homme aimé et haï, qu’elle épousera…
Laver les ombres, en photographie, c’est mettre en lumière un visage pour en faire le portrait. C’est ceux de Lea et de sa mère que Jeanne Benameur éclaire ici. En portant une attention spéciale aux gestes, à ces témoins silencieux de notre réalité intérieure. En n’écrivant pas son texte, mais en le dansant, sur fond de tempête et d’éléments déchaînés, et à l’ombre de l’angle aveugle des destinées, de celles qui condamnent à « Apprendre à trébucher. Intégrer le faux pas. En faire sa danse ».

laver les ombres
de jeanne benameur
Actes Sud, 160 pages, 15

Laver les ombres Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°97 , octobre 2008.
LMDA papier n°97 - 6.50 €
LMDA PDF n°97 - 4.00 €