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Domaine étranger La ronde de nuit

octobre 2008 | Le Matricule des Anges n°97 | par Virginie Mailles Viard

Ils sont nombreux, une trentaine peut-être, portent piques et lances qui s’enchevêtrent - là sur la droite, un tambour, prêt à ouvrir les festivités. Au centre, le capitaine Frans Banning Cocq, à sa gauche le lieutenant Willem Van Ruytenburgh dans un costume doré et finement brodé. De la main le capitaine semble demander que se mette en rang cette assemblée désordonnée. Quel capharnaüm, quelle allégresse ! Rembrandt a placé au milieu de cette foule une riche enfant, un poulet mort pendu à sa ceinture. Elle court, traverse le tableau, comme en suspension. La Ronde de nuit du peintre flamand occupe depuis des générations les différentes demeures de la famille Nabasco. Ces figures en mouvement répondent en écho aux personnages du roman. Ce tableau, dont on ne sait s’il est une copie, devient l’arrière-plan du texte et le point d’ancrage des réflexions de Martinho Dias Nabasco « le mutant », dernier rejeton de la lignée. Il y projette les êtres qui jalonnent sa vie.
Le dernier livre de l’écrivain portugais Agustina Bessa-Luís transporte page après page la lourde et immense toile qui suit les pérégrinations de cette famille de riches bourgeois accrochée à leur vie d’antan. Du temps des bals, des trousseaux, de la flopée de domestiques, où les messieurs portaient des gants de chamois gris. La conteuse et narratrice dresse une fresque vivante où fourmille une longue dynastie de maîtres et de serviteurs qui se dispersent de châteaux en manoirs en ruine. Le roman s’enrichit alors de toutes les digressions de la tenante du récit, réflexions ironiques et aphorismes philosophiques sur l’évolution de la société portugaise et la précarité ridicule de nos existences. Chaque personnage est heureusement campé, de Martinho Dias Nabasco à Maria Rosa, la grand-mère persuadée que « si quelqu’un attendait le maudit, à minuit, à un carrefour, et faisait couler un peu de sang, le sortilège prendrait fin. » Les Nabasco défilent dans un joyeux désordre chronologique. Morts et vivants traversent la toile du roman, disparaissent puis, un instant, resurgissent avant de quitter définitivement la scène.

La ronde de nuit
d’agustina bessa-luÍs
Traduit du portugais par Françoise Debecker-Bardin, Métailié, 320 pages, 23

La ronde de nuit Par Virginie Mailles Viard
Le Matricule des Anges n°97 , octobre 2008.
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