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Entretiens Insurrection fictionnelle

novembre 2008 | Le Matricule des Anges n°98 | par Jérôme Goude

Roman mêlant divagation onirique, virée picaresque et enquête policière, Banal oubli du Haïtien Gary Victor pénètre les mécanismes du mensonge, quel qu’il soit, littéraire ou historique.

Doté du flegme d’un « bon limier », un brin allumé, Pierre Jean s’abîme dans les affres d’une improbable quête. Une femme malintentionnée aurait subtilisé son « moi » au hasard d’une rencontre dans un bar de Port-au-Prince. Prêt à tout pour recouvrer ce qui lui revient de droit, il se décide à battre la campagne. D’aller là où s’animent d’inquiétantes entités (les vèvès), et où folâtrent étrange parente, zombi et Baron Samedi (dieu vaudou des cimetières). De retour dans la capitale, Pierre Jean s’attelle à l’écriture de Banal oubli, consignant ces aventures sous les traits d’un personnage traître et récalcitrant : Peter Choisson. Parallèlement à l’intrigue initiale, l’inspecteur Azémar Dieuswalwe, flanqué d’un jeunot « fraîchement émoulu de l’académie », piste un criminel féru d’acrostiches. Des corps sont retrouvés, inanimés, les mains cloutées, parmi les détritus d’un ravin ou dans une « mare puante et verdâtre ». Des corps-martyrs qui ne sont pas sans convoquer celui d’un enfant violé par un sorcier vaudou dont le père a lui-même subi les persécutions du clergé catholique.
Passé maître dans l’art de l’audience (transcription du substrat légendaire oral haïtien), Gary Victor bâtit là une œuvre à l’architecture savante et fascinante, une véritable mise en abyme démultipliée. Champ de la révolte des créatures contre un Dieu tyran, des esclaves contre les maîtres, des personnages contre leur créateur, Banal oubli illustre le credo lancinant qu’il renferme : « Vainqueur ou vaincu, surtout vaincu, ne laisse à quiconque, pas même à Dieu, le soin d’écrire ton histoire. Sinon, à la douleur de la douleur, s’ajouteront celles de l’oubli et du mensonge. » Quiconque, c’est-à-dire, ni aux historiens, ni à Pierre Jean, pas même, peut-être, à l’avatar romanesque de Gary Victor…

Après des études en agronomie, vous écrivez des nouvelles dans un journal d’État et des articles pour un quotidien. Vous ne publiez votre premier roman, Clair de manbo, qu’en 1990 (Vents d’ailleurs, 2007). Qu’est-ce qui a motivé ce passage tardif à la forme romanesque ?
J’ai publié, dès 1976, des contes et des nouvelles fantastiques. C’est un genre qui m’a toujours plu. Ensuite, j’ai effectivement travaillé pour le Nouvelliste, le principal quotidien de la capitale haïtienne. J’aime décortiquer les faits apparemment anodins. Traquer l’anormalité, le bizarre. Aujourd’hui encore, j’y tiens une chronique : « Les pieds dans le plat » (rires). La nouvelle permet de saisir le chaos de l’espace urbain. En Haïti, tout est si rapide. Le passage de la vie à la mort, de la raison à la folie. La nouvelle est comme un cliché photographique ; elle immobilise le mouvement. Jusqu’au milieu des années 90, je me suis donc cantonné à cet exercice. Mais dès que j’ai commencé à m’immerger dans la campagne haïtienne, au moment de mes études d’agronomie, j’ai senti le besoin de ralentir les choses et d’écrire des romans.

Vous mettez systématiquement en scène des...

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