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Domaine français Nullipare

novembre 2008 | Le Matricule des Anges n°98 | par Richard Blin

C’est Philippe Muray qui disait que la littérature est « la miraculée du vouloir-l’enfant », « ce qui est sauvé du déluge de demande d’enfants ». Jane Sautière n’a jamais voulu d’enfant, elle est nullipare, et dans le livre qui porte ce titre, elle interroge cet « ahurissant mystère de ne pas avoir d’enfant ». D’être restée indivise. Elle le fait courageusement tant le totem de la mère est indéboulonnable, non-ironisable, et l’image de la femme sans enfant toujours entachée de sous-entendus peu flatteurs.
Réfléchir à la maternité, c’est toucher au sexe, à la mort, à la naissance c’est-à-dire aux limites, à l’origine. Elle en parle avec pudeur et profondeur, Jane Sautière. De sa naissance à Téhéran, de sa mère qui a perdu deux enfants avant de lui donner la vie. De ce qu’elle entend derrière « nullipare », une femme « de nulle part », un ici sans ailleurs alors que c’est plutôt « l’ailleurs sans ici » qui la caractériserait. Petite fille, elle voulait être un cheval, plus tard, elle refusera de manger, ce qui était déjà une manière de refuser l’enfantement, « ce qui fait corps ». Une forme de révolte « à bas bruit » qui l’a fait résister à cette forme de soumission à l’ordre du monde qu’est la reproduction. « Faire du même avec soi, je ne saurai pas (…). J’ai préféré l’étranger, le lointain, le dissemblable ». Flaubert, lui, parlait d’une « protestation du cerveau contre la matrice ».
Et puis il y a l’écriture - rappelons-nous de Fragmentation d’un lieu commun (Verticales, 2003) -, le livre, dont la gestation ressemble à celle d’un enfant. Le corps, surtout, si ingénieusement agencé, modelé, programmé pour faire des enfants. Un corps qui peu à peu rentre dans le dernier temps de son âge, et qu’elle regarde sans angoisse, parce qu’elle le sait mortel, tandis que le corps de son enfant ne mourra pas parce qu’il n’est pas né. Un livre d’un très grand tact pour célébrer l’amour de la vie.

Nullipare
de Jane Sautière
Verticales, 152 pages, 12,90

Nullipare Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°98 , novembre 2008.
LMDA papier n°98
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4.00 €