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Domaine étranger Femme de chambre

mai 2009 | Le Matricule des Anges n°103 | par Anthony Dufraisse

Voici le premier livre traduit en français de Markus Orths, auteur de romans, de nouvelles et d’essais qui est, à 40 ans, l’une des valeurs montantes de la littérature allemande. Ce n’est pas un hasard si ce roman doit être bientôt porté à l’écran ; il a tout du bon scénario. À commencer par une histoire d’obsession comme les aime tant le cinéma d’aujourd’hui. Qu’est-il arrivé à Lynn Zapatek ? On sait juste qu’après six mois d’un séjour en clinique (le temps d’une cure de désintox ?), elle se retrouve livrée à elle-même. Et d’emblée l’atmosphère est oppressante. Pour prévenir toute rechute, la fragile jeune femme « se réfugie dans l’action ». N’importe quel travail fera l’affaire, pourvu, comprend-on vite, qu’il lui évite le désœuvrement, cette antichambre de la tentation. Ce sera donc femme de chambre à l’hôtel Eden (sic). Mais « Lynn ne se borne pas à faire le ménage, elle le fait à fond ». Jusqu’à l’épuisement, elle brique, récure, frotte, astique les chambres comme personne. Une vraie forcenée du plumeau. Elle s’est jetée à corps perdu dans le boulot pour endormir ses démons, si bien que son obsession de la propreté s’empare d’elle tout entière. Avant qu’une autre lubie ne s’ajoute à celle-ci. Et la plus loufoque qui soit, jugez plutôt : chaque mardi soir, elle se glisse sous le lit d’une chambre qu’elle nettoie pour y passer la nuit, allongée sur la moquette. Là, à l’horizontal, tout se passe « comme si elle n’était plus uniquement elle-même ». Cette intrusion dans la vie privée des clients, pour elle qui n’en a pas, c’est une façon d’exister. L’adrénaline et une curiosité un peu malsaine lui font dès lors office de raisons de vivre, on verra jusqu’où.
N’était l’ambiance pesante, on pourrait rire devant les situations incongrues que l’imagination de Markus Orths enchaîne. Mais trop mal à l’aise pour cela, nous sourions à peine, sous tension. C’est toute l’habileté de l’auteur de ne jamais relâcher la pression dans ce récit insolite et prenant.

FEMME DE CHAMBRE
de MARKUS ORTHS
Traduit de l’allemand par Nicole Casanova
Liana Levi, 132 pages, 13

Femme de chambre Par Anthony Dufraisse
Le Matricule des Anges n°103 , mai 2009.
LMDA papier n°103
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