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Dossier Julián Ríos
Créateur sans frontière

janvier 2010 | Le Matricule des Anges n°109 | par Thierry Guichard

Né dans une Galice enfoncée dans les marais du franquisme, Julián Ríos a su trouver dans la littérature les chemin de la liberté. Sa rencontre au seuil des seventies avec la révolution culturelle londonienne a résolument ancré son écriture dans une poursuite de la jouissance, autant intellectuelle qu’émotionnelle.

Il y a un paradoxe Julián Ríos : voici un écrivain qui s’est attaché à restituer dans bon nombre de ses livres des moments de la vie d’autres écrivains, de Thomas Mann à Joyce, de Céline à Celan, voici un homme dont le premier livre était une série d’entretiens avec Octavio Paz qui mêlait la réflexion littéraire, politique et des éléments de biographie du poète mexicain et voici un homme qui, lorsqu’on essaie de débroussailler le fil de sa vie rechigne à dire les faits.
Mais peut-être Julián Ríos n’existe pas. Peut-être est-il la somme d’écrivains vivants et morts qui collectivement ont signé plus d’une dizaine de titres pour défendre, par l’illustration, la littérature. L’homme droit et à l’air sévère qui nous accueille n’est peut-être qu’un hologramme génial, ou un acteur au rôle unique : incarner le Ríos. La confédération des écrivains aurait des pouvoirs insoupçonnés : faire tomber la neige sur tout l’hexagone afin d’empêcher les trains de venir jusqu’en la gare de Mantes-la-Jolie, consolider la crise par une grève surprise d’une catégorie du personnel de la SNCF, imposer des attentes glacées sur des quais enneigés afin de dissuader tout visiteur journaliste à poursuivre son voyage. Et, puisque le journaliste est têtu, déclencher une panne internet afin d’éviter que de nouvelles questions soient adressées au comédien.
À moins que reclus, avec sa femme Geneviève (qui est aussi sa traductrice), dans sa très belle maison, l’écrivain Julián Ríos ait fini de substituer à sa vie biologique et factuelle, une existence faite de tous les livres dévorés, de tous les tableaux vus. Il suffit de l’avoir lu pour croire la métamorphose possible : l’homme de chair devenu homme d’encre et de papier, de toile et de couleurs. Un rapide coup d’œil aux bibliothèques présentes dans le salon suffit à consolider le soupçon : vieille édition espagnole de Tchekhov, livres en anglais, français, allemand, grands classiques et modernes contemporains, ouvrages sur les peintres ou avec eux. Dont plusieurs éditions en langues multiples des livres de notre hôte.
Après une séance de photos qu’il redoutait (autre paradoxe : ses livres sont emplis de photographies imaginées ou réelles), Julián Ríos laisse filtrer, dans l’éclair de son regard et dans les gestes qui accompagnent ses paroles et les amplifient, un réel désir de raconter, parler, débattre, penser. Et sa parole ressemble à ses livres : les citations y viennent naturellement, l’érudition y est ludique et non pédante, la pensée soutient la moindre anecdote. L’homme parle sans mettre de point au bout de ses phrases comme s’il avait peur d’être interrompu ou, et c’est le sentiment qui prévaudra, comme s’il craignait qu’une faille dans ce mur verbal ne le laisse apparaître nu, autant dire fragile dans sa sensibilité dévoilée.
Il y a chez ce Galicien, une dignité à tenir qui exige de mettre une distance entre le cœur et le cerveau, tout comme dans ses livres, le refus de l’autobiographie...

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