La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Théâtre Mersa alam

mars 2010 | Le Matricule des Anges n°111 | par Laurence Cazaux

Henri Bornstein est metteur en scène et musicien. Il fonde en 1985 la Compagnie Nelson Dumont à Toulouse. Il écrit ce monologue « embarqué par l’urgence des mots d’une adolescente qui dit : »je n’ai pas voulu". Ce sont d’ailleurs les premières paroles de la pièce : « Ma naissance, je ne l’ai pas voulue. / Mon beau-père, je ne l’ai pas voulu. / Ma grande sœur est partie. Je ne l’ai pas voulu. / Ma mère ne m’a pas voulue. »
Mersa Alam, c’est le nom donné par l’adolescente au poisson-clown photographié sur un poster dans sa chambre, ce poisson devenant son seul confident depuis le départ de la sœur aînée. La pièce est très bien construite dans sa progression dramatique, passant de la couleur au noir et blanc, dans une sorte de tension épurée. La jeune fille subit la violence et le racisme de son beau-père, chacune des colères du beau-père donnant lieu à un rituel d’assiettes cassées. L’adolescente cherche comment occuper le temps pour éviter de penser, elle commence par compter les assiettes survivantes, puis va inventer un rituel vengeur pour assouvir sa haine grandissante. Son beau-père collectionnant des timbres, elle va découper les dents de ces timbres, les placer dans des petites boîtes en fer, sorte de cercueils métalliques. Cette activité devient obsessionnelle. Il y a là un acte de survie et de résistance qui flirte avec la dépression et la folie. Cauchemar et réalité, conscient et inconscient s’entremêlent, la douleur étant associée aux dents et les dents à la mort. Mersa Alam décrit sans pathos les dégâts provoqués par cette violence ordinaire, les mots et les choses qui se déchirent en petits morceaux. La pièce pose la question de la rémission aux fêlures, celle du beau-père étant également révélée à la fin. Ce récit est construit comme un combat, avec des phases d’observation, des KO, des coups portés, il ne comporte aucun apitoiement ou relâchement, c’est peut-être pour cela que nous ressentons d’autant mieux la violence.

MERSA ALAM
de HENRI BORNSTEIN
Éditions Théâtrales jeunesse, 62 pages, 7

Mersa alam Par Laurence Cazaux
Le Matricule des Anges n°111 , mars 2010.
LMDA papier n°111
6.50 €
LMDA PDF n°111
4.00 €