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Essais L’autre Sade

mars 2010 | Le Matricule des Anges n°111 | par Richard Blin

La Vérité sur le marquis de Sade

Sous un titre audacieux - la vérité ne se cache-t-elle pas toujours dans la ruine de ce qui se dérobe ? - c’est une thèse inédite que défend Charles Henry. En effet ce rationaliste - biologiste, physicien, bibliothécaire à la Sorbonne (1881-1892), directeur du laboratoire de physiologie des sensations - voit en Sade un écrivain moraliste qui aurait peint le vice jusqu’à le faire détester, un « criminel d’imagination » dont les excès verbaux s’expliqueraient par une vie de prison, d’homme frappé d’opprobre, et poursuivi par la haine de la Présidente de Montreuil, sa belle-mère et sa grande persécutrice. Né en 1740, dans une famille où s’accumulent « instincts réprimés et dissimulés », Sade épousa la fille aînée de la Présidente avant de se trouver mêlé à une série de frasques libertines. Il connut l’incarcération et l’exil, « revint mauvais sujet, mais rien de plus. Ce qu’il fit alors, des centaines le faisaient ». Une vie de débauche, « dans un temps de volupté franche et polissonne », qui allait se cristalliser autour de deux affaires : celle d’Arcueil, qui vit le Marquis payer « de 2000 livres et de la prison, des sensations (flagellation) qu’on obtient, dit-on, à bien meilleur compte », et celle de Marseille qui lui valut d’être condamné à mort pour sodomie et tentative d’empoisonnement. Mais, documents à l’appui, Charles Henry montre que Sade est surtout victime de multiples malentendus et des racontars nés d’imaginations surexcitées. Il s’enfuit en Italie avec la jeune sœur de sa femme, sera arrêté, et ne connaîtra dès lors, qu’avanies et emprisonnements - près de trente ans d’enfermement dans onze prisons différentes.
Objet de déni de justice, victime de l’arbitraire d’une société plus sadique que lui qui ne tua jamais personne à une époque où l’on guillotinait allégrement au nom de la liberté, Sade se venge en écrivant des romans noirs dont la violence imaginaire nie le monde, comme lui-même se sent nié - une manière, suggère Henry, de montrer au lecteur les abîmes d’horreur dans lesquels il ne faut pas tomber.

La Vérité sur le marquis de sade de Charles Henry, préface de Christian Lacombe, La Bibliothèque, 96 pages, 12

L’autre Sade Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°111 , mars 2010.
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