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Événement & Grand Fonds Arithmétique du mal

avril 2010 | Le Matricule des Anges n°112 | par Jérôme Goude

Décalque anachronique de Lorenzaccio d’Alfred de Musset, le nouveau récit d’Antoine Billot brosse un tableau sombre et subversif de la France pétainiste.

Portrait de Lorenzaccio en milicien


nt a 20 ans quand, à l’automne 43, lors d’un grand dîner célébrant le premier anniversaire de la nomination par Vichy de son oncle Alexandre Leduc comme préfet, il fait la dure expérience des désillusions amoureuses. Sous une table lourde de viande rouge, de confiture d’oignons et de foie gras, sa maîtresse, déjà épouse infidèle, joue du pied avec un certain Thomas Strozzi. Sur les conseils de son oncle, ami de Pierre Laval, accompagné de « deux brutes aussi cruelles que dévouées », Lorent consent à recouvrer son honneur viril, quand bien même une camaraderie l’aurait jadis uni à l’objet de sa haine. Thomas Strozzi, résistant actif, est embarqué, passé à tabac et déporté. L’armée nouvellement créée par Darnand, ainsi qu’un monde peuplé de putains, de « danseuses lesbiennes » et de « poètes communistes », sont désormais prêts à accueillir l’apprenti milicien. Tel un « tendron égaré en enfer », à la fois clairvoyant et impassible, Lorent, dit Lorenzaccio, va réaliser combien l’« apprentissage de la débauche et celui de la violence se ressemblent ».
D’une scène de débauche sado-masochiste l’autre, parmi les séides du maréchal, les adeptes du « Moloch moustachu », de Drumont, les couards, au gré d’une débâcle annoncée par l’avancée des troupes américaines, la tension dramatique s’amplifie. Portrait de Lorenzaccio en milicien, récit savamment mis en abîme, conduit à rebours le lecteur médusé vers son impensable clôture. Dans un wagon, Emma, jeune juive aux lèvres pâles et à la chevelure brune, abandonne son « petit cahier de moleskine » à Lorent pour qu’en dix jours d’un « infernal voyage » il confesse l’inavouable…

L’avant-propos du Portrait de Lorenzaccio en milicien révèle la façon dont vous avez volontairement puisé dans certains textes de Musset. Que renferme cet aveu d’un « palimpseste assumé » ?
Un livre de Louis-René des Forêts est écrit de cette manière, avec des emprunts de forme ou de situation à des tas d’auteurs. Des Forêts les a recouvert avec sa propre écriture, mais clandestinement. Moi, je voulais que cela se sache. Essentiellement parce que cela me semblait être la meilleure façon de prouver que Musset est un écrivain actuel, moderne et particulièrement pertinent pour décrire des situations romanesques chronologiquement décalées.

Ces emprunts aux Caprices de Marianne, au Chandelier, à La Confession d’un enfant du siècle et, entre autres, à Fantasio, jamais ne se ressentent. Comment avez-vous procédé pour les fondre et obtenir un récit si homogène ?
Ce que vous me dites me fait très plaisir ! Que vous n’ayez rien senti du procédé est à mes yeux la preuve qu’il a fonctionné. D’abord j’ai conçu une histoire. C’est la seule fois où j’ai fait une esquisse de plan. Puis j’ai procédé de la manière suivante : quelquefois je recopiais un morceau de Musset - cela pouvait aller d’une dizaine de lignes à plusieurs pages - et je repassais derrière en coupant, déformant, trahissant,...

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