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Dossier Nicolas Bouvier
En sa compagnie

novembre 2010 | Le Matricule des Anges n°118

Dans quelle mesure son œuvre invente-t-elle une forme d’écriture capable de rendre compte de la traversée du monde ?

ARNO BERTINA

Si j’aime passionnément l’œuvre de Bouvier, sans doute est-ce pour d’autres raisons que sa capacité à inventer « une forme d’écriture » à proprement parler. D’autres qualités me nourrissaient, m’enthousiasmaient (une évidente mélancolie, la joie, l’humour…).
Mais enfin, il y a tout de même ceci, dans quoi la technique (littéraire) et le dessein poétique se retrouvent parfaitement indissociables : il articule culture et expérience, créant un feuilletage discret de voix toutes raccordées, innervées les unes par les autres. Un exemple : dans L’Usage du monde, Bouvier écrit que le quatrain de Hafiz recopié sur une portière de sa voiture va très vite s’avérer le meilleur des viatiques ; « des boutiquiers accroupis devant leurs échoppes », des « consommateurs en loques », des paysans du « fond des campagnes »… Tous les Iraniens croisés réciteront la suite de ce poème. « L’emprise et la popularité d’une poésie assez hermétique et vieille de plus de cinq cents ans sont extraordinaires ». Et Bouvier d’ajouter, goguenard : ce serait un peu « comme si chez nous les manœuvres ou les tueurs de La Villette se nourrissaient de Maurice Scève ou de Nerval ». Voilà. En traversant le Proche et le Moyen-Orient, Bouvier découvre une culture où tout est raccordé, qui lui permet de faire vivre une polyphonie dont l’Europe le frustrait au sens fort, l’empêchant de respirer, de vivre. « Le monde est sans cesse et partout polyphonique et à ce monde nous ne prêtons par insuffisance centrale de l’âme (Antonin Artaud) qu’une attention monodique… ou pas d’attention du tout. » écrivait Bouvier dans L’Echappée belle.
Cette envie de saisir le monde dans toute sa fleur amènera Bouvier à écrire un livre dans lequel il inventera (sur le plan formel). Chronique japonaise n’est pas le plus aimé de ses livres – c’est pourtant celui au sein duquel il réalise ce qui est à l’horizon de chaque page écrite par lui ; en mêlant sa propre voix à celle des chroniqueurs, Bouvier se disperse. Enquillant les sections de natures différentes (on passe en effet de « Shimabara, 1638 » à « Miyama, 1964 »), il réalise un dessein magnifique : prolonger un processus de disparition accéléré par le voyage, l’écriture et la mélancolie : « Devenir reflet, écho, courant d’air, invité muet au bout de la table avant de piper mot », entérinant la disparition, au sein de sa propre voix, de « ce ton pastoral », de ces « voix de tableaux noirs », « gourmée(s) et didactique(s) » qui sont, écrit-il, « tellement de chez nous ».


JEAN STAROBINSKI

Borgès, qui fut collégien à Genève, disait que Paul-Jean Toulet était le meilleur poète français du siècle. Et Borgès, peu avant sa mort à Genève, me racontait un voyage en ballon au-dessus de l’Islande. Nicolas Bouvier, autre collégien de Genève, commence par adorer Toulet, et son premier grand voyage est vers l’extrême nord de la Finlande. Il y a là de quoi constituer un syndrome, dans tous les sens du...

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