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Histoire littéraire Lord Patchogue

mai 2011 | Le Matricule des Anges n°123

Il fut l’ami de Soupault et le contempteur de Breton : dandy nihiliste et héroïnomane, perdant magnifique, Jacques Rigaut promena sa radicalité grinçante au siècle dernier, entre les horreurs de la Grande guerre et la balle qu’il se tira en plein cœur une nuit de novembre 1929. Vomissant la petite-bourgeoisie dont il était originaire, il fut un membre radical de Dada dont il était, selon Ribemont-Dessaignes, « la voix de la conscience ». Cynique et désespéré, gigolo à ses heures, il fut une figure atypique du milieu littéraire, écrivant et publiant peu, hanté qu’il était par le sentiment de sa propre médiocrité. Qui frisa bientôt à celui de son inexistence : après s’être littéralement jeté tête première dans un miroir le 20 juillet 1924, Rigaut disparaît et passe définitivement de l’autre côté. Ne lui subsiste dès lors qu’un étrange alter ego : Lord Patchogue, double de l’écrivain absenté. Derrière la glace, le monde se dérobe ; derrière les miroirs, il y a d’autres miroirs et les reflets répondent à d’autres reflets comme les perles d’un chapelet maléfique. « L’endroit vaut l’envers » : le miroir est l’abîme d’où écrire le vide et l’impossible. « Je ne me sens pas, je ne me trouve pas, je ne suis pas là. »
Publiés pour la première fois en 1930, réédités en 1970 dans une autre édition, les papiers épars qui composent ce Lord Patchogue sont aujourd’hui à nouveau disponibles grâce aux éditions du Chemin du fer qui en proposent une version « complète » puisqu’elle cumule les deux précédentes. Pas de véritable bouleversement de la donne par conséquent, mais de ce retournement de l’être comme un gant, l’étonnante proposition graphique qui accompagne le texte de la main du plasticien Frédéric Malette saisit avec force l’infernale et monstrueuse circularité.

Valérie Nigdélian-Fabre

Lord Patchogue
Jacques Rigaut
Illustrations de Frédéric Malette
Les éditions du Chemin de fer, 80 pages, 14

Le Matricule des Anges n°123 , mai 2011.
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