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Dossier Toni Morrison
Retour en soi

octobre 2012 | Le Matricule des Anges n°137 | par Emmanuel Laugier

Home, ou le retour au pays d’un vétéran de Corée, associe les différents thèmes de son œuvre.

Ce pourrait être l’histoire d’Ulysse, et de son retour à Ithaque, dix ans après la guerre de Troie, mais c’est celle de Frank Money, vétéran noir, interné pour troubles psychiatriques dès son retour de Corée, et s’enfuit pour rentrer à Lotus, en Géorgie, un endroit qu’il a fui par ennui : « le pire endroit du monde, pire que n’importe quel champ de bataille ». Pourtant, en étant aussi fauché que son nom ne l’indique pas, des souvenirs atroces plein la tête, et une dérisoire médaille d’ancien combattant en poche, Frank Money, enfant prodigue que plus personne n’attend, a désormais tout perdu.
Tout perdu, sauf une sœur. Restée en Géorgie, Cee s’est confrontée elle aussi à l’Amérique ségrégationniste des lois « Jim Crow », et à la pauvreté et l’humiliation érigées en système raciste. Humiliée à plusieurs reprises, celle que l’auteur elle-même décrit comme « une petite oie stupide » a été embauchée comme aide chez un médecin. Son sort semble s’améliorer, un temps… jusqu’à ce que Frank reçoive une lettre qui l’incite à rentrer au plus vite pour la rejoindre, « sinon elle mourra ».
Attachée au principe de la narration subjective, Toni Morrison adopte dans Home le point de vue dominant de Frank, qu’elle entrecroise, comme souvent, avec le flux de ses pensées, retranscrites en italiques, où celui-ci ressasse les visions de carnage et d’autres souvenirs, plus coupables. Ce qui serait voix-off au cinéma ou refrain dans un blues parvient ainsi à creuser la mémoire et la conscience, jusqu’à révéler au lecteur quelque chose que Frank lui-même souhaitait ignorer. La révélation finale de Home jette soudain sur le personnage de Money une lumière violente et tragique inattendue.
Dans les 3500 km de trajet entre Portland et Chicago que Frank Money avale en l’espace de deux pages, Toni Morrison ne livre qu’une anecdote, somme toute banale : ayant voulu entrer commander un café dans un bistrot de gare, un Noir est roué de coups par des Blancs. De fait, s’il représente la ségrégation, Home n’a pas véritablement l’intention d’élaborer une critique sociale systématique. Toni Morrison y tisse plutôt en forme de récit picaresque, les brins des vies de Cee et de Frank et de leur retour, après pérégrinations, à l’unité heureuse de la fratrie dans la maison natale. C’est là, dans la communauté originelle, que cicatrisent les plaies, physiques ou morales, des personnages, et selon une dynamique qui fait chez Morrison de l’intérieur du foyer, de l’intime le lieu de la rédemption pour Frank, de la découverte de l’identité pour Cee. « Ne laisse pas Lenore, ni un petit ami insignifiant, et sûrement pas un médecin démoniaque décider qui tu es. C’est ça, l’esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je parle. Trouve-la et laisse-la faire du bien dans ce monde ».
Home n’est donc pas tant le retour chez soi que le retour en soi. La simplicité apparente du message de cette satire comme en demi-teinte, porte souvent...

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