La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie Dépossession

octobre 2012 | Le Matricule des Anges n°137

Premier livre d’un auteur de 22 ans, Nu compris frappe d’emblée par un ton entre l’inentendu et le désemparé. Rien de familier ni de confortable ici, mais des états d’être saisis dans le no man’s land séparant le moi de l’autre. Asymétrique, résiduel, le poème marie une sorte d’étonnement primitif à l’inhabitable d’une vie privée d’amour.
Dans l’écart d’absence, entre le corps vécu, le corps perdu, le corps espéré, une femme décrit l’abandon, la solitude. « Je suis bouleversée par ton organisation / connue ou morte // qui claque / son accent sur l’os / de mon langage parle langage / sans savoir / qu’autre son corps / séparé s’appartient // d’être à peine le mime de mon propre langage ».
Face à l’éros qui se dérobe – « me suffire être fille / au nu coulé // tu rester tu / dû en moi // sortir de là » –, Pauline Von Aesch s’approche, par le langage, au plus près du phénomène. En quatre parties ne formant qu’un unique poème, et à coups de coupures, de sauts, d’ellipses, elle mime la dépossession, montre le travail du vide, du non-être dans son être. En perturbant l’agencement grammatical, en choisissant des constructions louches – « tu me vouloir tu » ; « à cet t’autre / qui s’use le pluriel » ; « ce nouvel indice / qui révèle s’elle // toujours s’elle-même / dont j’ai mal » –, elle dessine des figures de sens et de manque, invente cette poétique du trouble seule capable de traduire le charnel négatif de l’amour devenu langue morte.
Quand la parole – de chutes rythmées en fragments méditatifs ou en dérapages écholaliques (« un m’ectoplasme ») – ne tire pas le dire vers le sans, les mots font allégeance au corps – « j’aimerais entièrement être faite / (de mon poème) » –, donnent figure à cette part toujours vivante du feu du désir. « À ma manière de toucher // il même je la déplace / en je / jusqu’à / ce qu’entièrement le mouvement / fasse / que je sois complètement déplacée ». Une poésie d’angles vifs, née de l’épreuve, et exposant, éperdument, dans sa nudité sauvage, le corps même de la langue.

Richard Blin

Nu compris
Pauline Aesch
Nous, 128 pages, 12

Dépossession
Le Matricule des Anges n°137 , octobre 2012.
LMDA papier n°137
6.50 €
LMDA PDF n°137
4.00 €