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Poésie Si je suis de ce monde

octobre 2012 | Le Matricule des Anges n°137

Si je suis de ce monde

Le nouveau livre d’Albane Gellé continue d’explorer le sillon que depuis vingt ans la poète semble creuser, selon une logique lente définie telle qu’ « Elle / avec les mêmes mots depuis toujours essaie de dire est-ce la même chose ». (Je te nous aime, Cheyne éditeur, 2004). Qu’est-ce que cette chose sur laquelle se posent les mots, et pourquoi serait-elle la même à venir ? Quarante-neuf blocs de prose, flottant au milieu du blanc de la page, tentent d’y répondre, s’ouvrant et se fermant sur l’identique d’une forme dont Tenir et Debout sont les deux bornes. En une phrase, chaque poème se déploie à l’intérieur de ce cadre où, très vite, le principe formel devient la condition de possibilité du poème, mais aussi son propre dépassement, parce qu’ici, au bout d’elle-même, entre ses deux pierres, il semble que l’« On ne sait pas ce qu’on cherche, mais on sait que l’on peut trouver ». (Antoine Emaz)
Tenir (…) debout : au simple ou au figuré, la formule infinitive, dès lors, n’aura de cesse de soutenir l’ouvrage tout entier, à la manière d’un souffle, et qu’entre deux respirations la vie s’invite au-dedans du poème. « Tenir bon », « Tenir ses promesses », « Tenir en bride, de source sûre ou en laisse »… les « saisons fêtes refrains chantés », les « abattements fatigues frayeurs », les « fantômes », tout autant que « ses désirs joies troubles emportements et fougues ». Selon ces rythmes-là, Si je suis de ce monde s’arrache à la glaise des mots comme les corps sculptés de Giacometti, s’extirpant du sol, ne tiennent debout qu’à la faveur d’une inflexible détermination : « Tenir parmi verres brisés (…) tête baissée marchant debout » ou encore « Tenir un langage éperdu troublé de chutes et creusements soulevant les phrases du sol au ciel cous de girafe secouant silences les mots debout ».
Par la formule infinitive qui préside au poème s’immisce un impératif : qu’Etre (du latin stare) c’est être debout, tel est peut-être la même chose que la poésie simple et économe d’Albane Gellé nous permet de traverser.

Christine Plantec

Si je suis de ce monde
Albane Gellé
Cheyne éditeur, 62 pages, 16

Le Matricule des Anges n°137 , octobre 2012.
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