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Poésie Neumes

octobre 2012 | Le Matricule des Anges n°137

À nulle autre pareille la poésie de Christian Hubin. Interstitielle, aimantée de spasmes, gravitant à la périphérie de l’amnésie ou de virtualités sans origine. « Un tremblement / qui n’est pas. // Une sorte / de parenté sans membres. » Des poèmes dérivant du soustractif, de l’expressivité de l’effacement. Comme s’enfonçant sous le temps pour tenter d’en surprendre l’insaisissable, ce qui le déborde ou le déserte : du manque en mouvement, de possibles consonances, une contraction d’imminence. « Tétanie / où // n’est pas, // serre quelque chose. »
Ni concepts ni savoir mais approche asymptotique d’un réel où ce qui est rayonne de ce qui n’est pas. D’où la configuration du poème, tout en apnées hagardes, en heurt d’elliptiques entrevisions. « Dont / en même temps // sans / qu’une part, // sans reconnaître. » Le poème restitue l’impact d’une immédiateté trouée d’inconnu, le travail de déflagration du muet, le mode de perception d’une réalité renvoyant à un en deçà aveugle et sans expression.
C’est cette matière à quoi la poésie de Christian Hubin essaie de prêter l’oreille. Une poésie qui remet en question l’ordre des choses, le sens même des éléments que sont le pré, l’herbe, l’eau, la musique de fond de la vie comme le rythme qui la porte. Poésie qui, dans sa concrétion lapidaire, incorpore l’absence au présent. Qui nous confronte à l’inouï, à ce qui est en puissance d’advenir, à ce qui échappe à la distinction du dedans et du dehors, et rejoint la non-parole bruissante de la matière. De cette matière qui se refuse au verbe, le poème ne peut retenir que le précipité hasardeux, l’algèbre syntaxique. « Du / dans // resté. » ; « Que // près quand // par élisions » ; « Où / sans // qu’à. » Une sorte de morse comateux qui soulignerait l’ineffable qui est au fondement de la parole, traduirait la stupeur face au rayonnement d’énergie muette de tous ces signes riches de la mémoire d’on ne sait quelle respiration originelle. Qui pisterait l’ombre des formes que cache le rien et qui hantent le mystère d’être et les arcanes du silence.

Richard Blin

Neumes
Christian Hubain
L’Étoile des limites, 72 pages, 13

Le Matricule des Anges n°137 , octobre 2012.
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