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Dossier Jon Kalman Stefansson
L’odyssée blanche

janvier 2013 | Le Matricule des Anges n°139 | par Thierry Guichard

Rassemblés par le style intense de Stefánsson, les vivants, les morts et ceux qui vont en mer, trouvent dans la trilogie de l’Islandais ce souffle dont on fait les légendes.

Le Cœur de l’homme met donc un terme à la trilogie du « gamin » dont Gallimard avait commencé la publication avec Entre ciel et terre. Il est courant que l’on dise, à des fins commerciales, que chaque volume d’une trilogie romanesque peut se lire séparément. Il n’en est rien ici et avant de s’attaquer aux 450 pages du troisième opus, le lecteur français aura tout intérêt à commencer son périple par les plus de 600 pages des deux tomes précédents. Lecture indispensable pour saisir la situation du héros au moment où débute Le Cœur de l’homme, soit, dans le temps de la fiction, quelques minutes après la fin étonnante de La Tristesse des anges. Surtout, la lecture des trois livres dans leur continuité devrait provoquer chez le lecteur le sentiment, finalement assez rare, d’avoir affaire à un chef-d’œuvre. Rarement une œuvre romanesque récente aura atteint à une telle beauté et à un tel souffle.
L’histoire du gamin, pourtant, aurait pu entrer dans l’espace d’une nouvelle. Nous sommes au XIXe siècle, à la fin de mars dans le nord-ouest de l’Islande. Un baraquement de pêcheurs s’apprête à reprendre la campagne de pêche à la morue, interrompue par l’hiver et des conditions climatiques exécrables. Le gamin et son ami Bárður appartiennent à l’équipage de Pétur, un patron coriace et craint. Ils vivent ensemble une amitié qui dépasse en intensité ce que serait la fraternité, liés qu’ils sont par leur amour pour la littérature et la poésie, dans cette terre où les livres sont une denrée très rare. Les mots sont des aliments. Les deux amis les mettent en bouche, laissent leur saveur les pénétrer, s’imprègnent de vers entiers pour tenir vive la flamme de leur jeunesse. Dans la nuit glacée, Pétur donne l’ordre d’appareiller : six hommes dans un bateau à rames se font un chemin dans la nuit profonde, sur une mer qui enferme les corps noyés de parents, de proches. C’est que les marins d’Islande ne savent pas nager et qu’ils s’en remettent à Dieu à chaque sortie. Bárður, la tête emplie d’un poème de Milton, a oublié sa vareuse. À la mi-journée, l’embarcation est prise dans une tempête de neige : l’aide du gamin ne suffira pas à maintenir Bárður du côté de la vie. Le jeune homme se couche au fond de la barque pour mourir gelé : lui venir en aide condamnerait tout l’équipage. C’est le corps mort de son ami que le gamin ramène au camp, lui qui, à 20 ans, a déjà vu son père se noyer, a perdu sa mère et sa sœur emportées par la maladie et le froid. Inconsolable, le gamin quitte les pêcheurs pour rapporter au village le livre qui a tué son ami, et pour mourir, pense-t-il, au cœur de l’espace blanc.

Les failles des hommes.

C’est là qu’arrive, trois semaines plus tard, le facteur Jens. La scène, qui ouvre La Tristesse des anges, montre le géant collé par le gel à son cheval, au bord de mourir, arrivant in extremis au village de huit cents âmes. Jens est un homme de devoir. Chargé de transporter le courrier sur un territoire aussi vaste...

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