Ce livret reflète en partie ce que le poète syrien a désigné comme un « journal inachevé », dont il a entrepris la rédaction en 2011. Réfugié dans un village libanais, et malgré l’épreuve de l’exil, il continue d’écrire. Titré et daté, chacun de ses poèmes est une vue sur son quotidien, dont il fait ressortir la part de douleur, d’injustice, de cruauté, de frayeur qu’il suscite. L’omniprésence du malheur, de la mort et de la guerre, Nazîh Abou Afach nous la rappelle tout au long du recueil. Prenant à revers ce qu’il ressent, il apprivoise sa peur : « J’ai peur pour tout, tout, tout. / Juste peur. » Et contre cette menace d’étouffement que le silence lui imposerait, le poète en vient alors à désirer « être le dernier réceptacle, / le réceptacle digne d’accueillir, / ce qu’il reste de bonne graine de l’homme, / notre seul ancêtre ».
E.R
Laissez respirer la terre
de Nazîh Abou Afach
Traduit de l’arabe (Syrie) par Claude Krul,
Alidades, 48 pages, 5,70 €
Poésie Laissez respirer la terre
novembre 2013 | Le Matricule des Anges n°148
| par
Emmanuelle Rodrigues
Un livre
Le Matricule des Anges n°148
, novembre 2013.

