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Poésie Les sept livres

janvier 2014 | Le Matricule des Anges n°149

Auteur d’une dizaine d’ouvrages*, Didier Cahen offre avec Les Sept Livres, l’un de ses meilleurs, tant l’usage minimaliste d’une langue, ici quasi déchantée, ouvre la juste distance où l’existence, le donné de vie, les choses extérieures, peuvent se donner. Sept livres comme on dirait sept jours, sept pièces, sept sections (de « frayeur » à « mal parti ») d’une avancée dans laquelle l’écriture, volontairement répétitive, tourne autour d’un centre aveugle, que rien n’éclaircira sinon sept cercles l’enserrant de ses multiples mots/atomes. Partant du quotidien, le contournant parfois, entrecroisant et syncopant par l’usage propre à la parataxe les dimensions sensibles du monde, les mémoires douloureuses (« trouvé le chien / troué //-/ le poil taché d’un rien / blanc comme un sac de neige »), Cahen n’architecture pas moins son livre. Les formes du poème, variant à chaque section, maintiennent leur économie propre : « la rive habituelle / une voix de tête / qui passe / sous la grammaire » amorce une phrase qui, ailleurs, se poursuit dans la frappe hachée d’« empreintes » : « tout près / la table dressée / le jour qui passe à l’intérieur //-/ ni banc / ni chaise / une pièce / vide au milieu //-/ des nœuds légers dans l’air (…)/-/ chemin faisant / on tient en vrac / des idées ordinaires//-/ cela se voit / on compte les points // on dort sur le chemin ». On penserait parfois volontiers au « vrac » que concentre l’écriture de Reverdy dans ses carnets, à celle, employant les apports de l’enseignement oral judaïque de la Michna que conduit magistralement le Poème domestique d’Aharon Shabtaï. Didier Cahen consigne en son poème, avec une égalité souveraine, ce qui fait obstacle à la joie (« un tourbillon / de noir / jeté avec les pierres ») que ce qui la reconduit à sa dilatation, au battement de son souffle : « Un jeu d’enfant / nourri avec le temps // Des notes / venues / de la main gauche / (…) La grâce // On s’en défend / à peine ».

E. L.

* Vient de paraître également, A Livre ouvert, préface de Jean-Luc Nancy, Hermann, 350 pages, 27

Les Sept livres
Didier Cahen
La Lettre volée, 201 pages, 23

Le Matricule des Anges n°149 , janvier 2014.
LMDA PDF n°149
4.00 €