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Domaine français Les Vieux ne pleurent jamais

janvier 2016 | Le Matricule des Anges n°169 | par Richard Blin

Les Vieux ne pleurent jamais

S’il y a un parcours biologique obligé, une inéluctabilité chronologique, la vieillesse n’est pas forcément un naufrage. Elle pose plutôt le problème de la limite, de cet entre-deux entre ce qui fut et ce qui sera. Lieu des incertitudes et des convergences folles, la vieillesse consiste trop souvent à envisager l’avenir du point de vue du souvenir alors qu’éprouver encore ce qui flatte et déchire, choisir de n’avoir point commerce avec le moindre ni le pire demeurent des options. Ce sont ces paradoxes de l’âge qu’aborde Céline Curiol dans son nouveau roman qui donne la parole à Judith Hagen, une actrice de 70 ans – « l’âge fatidique pour la femme constatant impuissante l’extinction du regard des hommes » – vivant à Brooklyn. Veuve depuis peu et sans enfant, elle se sent « hors circuit » mais va trouver en la compagnie de sa voisine à peine plus âgée qu’elle, quelques raisons de ne pas consentir à l’enlisement ni au renoncement à soi-même. Parallèlement, et à partir d’une photographie retrouvée entre les pages du Voyage au bout de la nuit de L.-F. Céline, elle va progressivement renaître au désir en partant en quête de celui qu’elle avait photographié cinquante ans auparavant, alors qu’elle vivait encore dans sa France natale. Entre les ombres errantes de ses souvenirs, et au fil d’un mouvement de va-et-vient entre le passé et le présent, c’est à la recherche de ce qui reste des élans et des amours premiers qu’elle se lance. Un voyage au bout duquel il n’y aura nulle aurore.
Un roman parfaitement maîtrisé, à l’ironie parfois féroce, qui vaut pour ses petits détails vrais et sa façon de rendre la nudité des sentiments. Miroir impitoyable du réel, l’écriture sait rendre la présence, au fond de l’être, d’une inquiétude muette. Un livre donc qui plaira à ceux qui aiment retrouver dans le roman la matière du réel et la vérité d’une époque. Qui s’adresse moins à ceux qui attendent du roman qu’il les perde, les ouvre à l’espace de ce que la vie prend plaisir à refouler parce que trop étrange, trop merveilleux, trop inexplicable.
Richard Blin



LES VIEUX NE PLEURENT JAMAIS
DE CÉLINE CURIOL
Actes Sud, 336 pages, 21

Le Matricule des Anges n°169 , janvier 2016.
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