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Poésie Mystères de l’orient

mai 2016 | Le Matricule des Anges n°173 | par Emmanuelle Rodrigues

Au terme de son périple en Iran, qui l’a mené également en Azerbaïdjan mais aussi en Ouzbékistan, Jean-Pierre Ferrini saisit enfin le sens de son voyage. Sur les pas des poètes qui auront guidé, dit-il, ses « pérégrinations en terre persane », sa quête aura reflété en chacune de ses étapes un moment du « grand poème de l’Iran » : Ferdowsi lui aura donné à sentir « le sentiment tragique de l’existence », Khayyam, « la fragilité de la vie », Attar, « la reconnaissance initiatique de soi-même », Roumi, « l’amour mystique », Hafez, « l’altérité insaisissable de l’être ».
Mais auparavant, son itinéraire aura pris bien des détours. À la suite de l’auteur, lui-même initié par ses guides, nous traversons les siècles depuis la Perse antique jusqu’à l’actuelle République islamique. Nous voici remontant le temps pour nous rendre à Samarcande, Shiraz, Persépolis, Ispahan, maints lieux mémoriels de cette civilisation plus que millénaire. L’odyssée au cœur de la grandeur passée de l’Iran, ranime non sans nostalgie la magnificence d’époques révolues. L’auteur compare à juste titre l’étendue du rayonnement de la langue persane à celle de la lingua franca en Occident. Malgré la conquête arabe au VIIIe siècle, les Perses n’abandonnent pas leur langue, mais la renouvelle fortement grâce à l’apport de l’arabe et l’emploi de son alphabet : « Les Perses étaient des rois, des conquérants, des architectes, des constructeurs d’empire (…) et les Arabes leur léguèrent en échange la langue révélée du Coran et le souffle de la poésie. »
Outre les conteurs, auteurs d’épopée et créateurs de mythes, tels Ferdowsi et Nizami, ou les mystiques, Jean-Pierre Ferrini nous invite à découvrir par-delà l’adoration des Iraniens eux-mêmes pour leurs poètes classiques, les représentants de la modernité. Ainsi est-il question du romancier Sadegh Hedayat et de son chef-d’œuvre, La Chouette aveugle. Sadegh Hedayat fut le premier écrivain iranien à « importer dans sa culture (la poésie et le conte) les éléments de la culture occidentale (le roman à l’âge où il rentrait en crise). » Née en 1934 et décédée en 1967, Forough Farrokhzad ne manque pas non plus d’être évoquée. Elle réalisa en 1962 La maison est noire, un documentaire sur une léproserie, admiré par Chris Marker, et légua une œuvre remarquable eu égard aux tabous et aux interdits de son époque, que femme et poète elle eut à contrer. Aux yeux de Jean-Pierre Ferrini, elle incarne « la forme d’expression naturelle qu’est la poésie en Iran ». Sa traductrice en français, Jalal Alavinia, la nomme « la princesse des poètes persans ». Citons également Sorour Kasmaï, dont le superbe roman, Le Cimetière de verre relate les déambulations d’une archéologue, en quête du passé ante islamique de la Perse, tandis que la révolution de 1979 bat son plein.
Constamment à l’affût, l’auteur se fait le témoin du moindre signe attestant de l’intrication de ce que le philosophe Daryush Shayegan, nomme « l’hybridation » entre les cultures et leur transmission de génération en génération. Ainsi, nous dit-il, « à Saint-Denis, (…) j’ai eu un instant la sensation d’être nulle part ou, en voyage, que mon voyage en Orient commençait ici, dans cette région parisienne. »
Emmanuelle Rodrigues

LE GRAND POÈME DE L’IRAN
de Jean-Pierre Ferrini
Le Temps qu’il fait, 184 pages, 20

Mystères de l’orient Par Emmanuelle Rodrigues
Le Matricule des Anges n°173 , mai 2016.
LMDA papier n°173
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