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Poésie Jamais mieux

mai 2016 | Le Matricule des Anges n°173 | par Thierry Guichard

Que les enthousiastes, les ambitieux et les conquérants passent leur chemin. Les livres de Jean-Pierre Georges ne sont pas pour eux, et son nouveau carnet ne déroge pas à la règle. Sous l’égide de Cioran et de Lichtenberg, le poète (qui n’écrit qu’une prose en lambeaux) poursuit son entreprise d’autodémolition. Constitué d’aphorismes, de notes prises à l’ennui, de citations parfois, ce Jamais mieux est un nouvel autoportrait en miettes. Hormis le désir qui gonfle parfois et bien malgré lui le sexe du narrateur, quelques épiphanies dont la nature a le secret et la pratique, parfois dangereuse, du vélo, il n’est rien qui allège chez l’auteur le « dur métier de vivre » (comme aurait dit son ami Pierre Autin-Grenier). Tenant le journal ironique de ce mal-être qui lui colle à l’existence, Jean-Pierre Georges se dénude jusqu’à l’os : « Je regarde chacune de mes minutes présentes sombrer dans le passé, je ne fais rien d’autre. » Sinon écrire avec la honte de savoir le geste vaniteux autant que vain (« j’aurais moins honte d’avoir violé une petite fille »). Autant de noir mélangé à l’encre de l’écriture n’encourage pas le lecteur à voir la vie en rose, mais le bonheur de l’expression et surtout cette présence fragile et tendre qui émerge du livre pourraient le vacciner pour un bout de temps contre la névrose. C’est comme si, prenant sur lui tout le malheur d’être né, l’« auteur d’aporismes » nous défaisait d’un fardeau intime. Et comme l’homme use de cette politesse des désespérés qu’est l’humour (« Maintenant, quand ma mère me dit « on va voir papa », c’est direction cimetière. »), on ressort ragaillardi d’avoir côtoyé, épaule contre épaule, un homme vrai. « La vie est vite passée, aussi ne faut-il pas désespérer, cette invraisemblable sottie n’aura pas de suite.  »


T. G.


JAMAIS MIEUX
DE JEAN-PIERRE GEORGES
Éditions Tarabuste, 157 pages, 15

Le Matricule des Anges n°173 , mai 2016.
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