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Théâtre Le corps en mouvement

novembre 2016 | Le Matricule des Anges n°178 | par Patrick Gay Bellile

Un livre magnifique retrace le parcours d’un pédagogue exceptionnel, Jacques Lecoq, qui se disait volontiers « collectionneur de gestes ».

Jacques Lecoq, un point fixe en mouvement

Il y a dans les milieux du théâtre des histoires et des itinéraires qui séparent les comédiens entre ceux qui en sont et ceux qui n’en sont pas. Il y a ceux qui ont fait le Conservatoire et les autres, ceux de Paris et ceux de province, les tenants d’un théâtre psychologique et les brechtiens. Et puis il y a ceux qui ont fait l’école Lecoq. Ou plutôt qui ont fait « Lecoq ». Ils se reconnaissent entre eux, appartiennent à une sorte de confrérie et n’ont pas besoin de se présenter longuement tant le nom de Jacques Lecoq appartient déjà à l’histoire et même à la légende du théâtre. Et Ariane Mnouchkine, qui a comme tant d’autres, suivi ses cours, dit de lui « qu’il était plus qu’un professeur, un maître ». Un très beau livre vient aujourd’hui nous raconter cette histoire. Publié à l’occasion du soixantième anniversaire de l’école, écrit par Patrick Lecoq, son fils, il déroule chronologiquement le fil de cette vie passionnante. Des citations extraites des carnets tenus par Jacques Lecoq précisent régulièrement le sens et le but de sa démarche. Mais ce sont surtout les reproductions de centaines de croquis, de dessins, d’esquisses et d’aquarelles qui font le charme de ce livre.
Jacques Lecoq, athlète et professeur de gymnastique, s’est passionné toute sa vie pour le corps et ses mouvements. Il en a étudié les schémas, les énergies, les dynamiques, il a tenté de percer à travers eux le secret de cette merveilleuse machine qu’est le corps humain. Il a essayé par le dessin de mieux faire comprendre ses recherches. Décomposant les mouvements, ou les exagérant, travaillant toujours à partir du corps, et du mouvement, il disait : « La vie est le déséquilibre rattrapé d’un corps en perpétuel mouvement. » Son enseignement partait de là : que raconte le corps quand il bouge, ou plutôt, comment l’être humain raconte par le geste ses sentiments et ses émotions, les mots venant ensuite compléter l’ensemble. « J’ai construit mon enseignement comme on construit une cathédrale, pierre par pierre, avec des espaces différents en relation entre eux, selon un cheminement pédagogique qui s’enrichit chaque saison où le voyageur est conduit à découvrir par le corps mimeur le jeu du théâtre. »
Il y a dans ces dessins, au style très épuré, très stylisé, très drôle, une tendresse, un humour et un amour de l’être humain et de la vie qui transparaissent également dans les photos qui complètent l’iconographie du livre : Jacques Lecoq est quasiment toujours souriant, le corps ouvert, accueillant. Ce livre permet également de lever une ambiguïté concernant le travail de Jacques Lecoq. On a parlé d’une école de mime, lui-même utilisant d’ailleurs ce mot pour parler de ses recherches. Mais il s’agissait pour lui d’un moyen pour atteindre une vérité, et non d’une fin en soi. « Mime, c’est s’identifier au monde en le rejouant, de tout son être. » Il dit d’ailleurs du mime pur que « c’est la maladie du théâtre, une grimace de théâtre. C’en est même la mort. » Et malgré toute la sympathie qu’il avait pour le mime Marceau, il ne s’est jamais senti du même pays. Lui était un homme de théâtre, même si le texte lui posait des problèmes : « Lecoq n’est pas un acteur de texte. Il n’a pas une voix de théâtre mais une voix du silence. » D’ailleurs il a souvent travaillé pour le théâtre, organisant des mouvements de chœur ou chorégraphiant certaines scènes à la demande des metteurs en scène. Le livre se termine sur une belle Lettre à mes élèves : « Vague après vague, saison après saison, l’école et son enseignement avancent, à chaque fois renouvelés. Aujourd’hui, le 4 décembre 1996, c’est la quarantième vague. » Jacques Lecoq est mort le 19 janvier 1999, quatre jours après avoir donné son dernier cours.

Patrick Gay-Bellile

Jacques Lecoq, un point fixe en mouvement, de Patrick Lecoq
Actes Sud, 304 pages, 32

Le corps en mouvement Par Patrick Gay Bellile
Le Matricule des Anges n°178 , novembre 2016.
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