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Domaine français La Faute à Saddam

mai 2018 | Le Matricule des Anges n°193 | par Catherine Simon

La Faute à Saddam

Est-ce la faute à la guerre ou à Saddam Hussein si Adel, engagé dans un régiment de spahis, est mort, un sale matin, dans le désert du Koweit ? Non, bien sûr. Le « brave soldat Lazhrêg », comme son père le fera inscrire sur sa tombe, à Toulon, n’est pas mort au combat. Sa bravoure est ailleurs. Il s’est tiré une balle dans la bouche – ce qu’on apprend dès le premier chapitre. Un signe d’amitié de son copain d’enfance, Cesare, engagé à ses côtés, aurait pu le sauver ? Samira Sedira, à qui l’on doit deux émouvants romans, Majda en août et L’Odeur des planches (interprété au théâtre par Sandrine Bonnaire), se garde de conclure.
Sous la forme d’une série de flash-back, habilement agencés, La Faute à Saddam retrace la vie des deux copains, qui ont grandi ensemble dans le même quartier de Toulon, parmi les boutiquiers, les marins en goguette, un quartier comme un village où la figure de Violette, prostituée au grand cœur, tient une place de choix. Samira Sedira ne craint pas les stéréotypes : elle les examine, les soupèse, repère leur vérité et pointe leurs limites. Elle le fait avec précision et subtilité.
Victime du racisme ordinaire et de sa propre naïveté, Adel s’est cru Français trop vite. La Faute à Saddam n’a rien, pourtant, d’un tract politique. Avec brio, ce livre tendre et triste fait le procès de l’innocence : celle de jeunes garçons en uniforme, que rien ni personne n’a préparés à affronter la vie et ses épreuves, la mort aussi – « ils en étaient vierges, comme de tout le reste ». Par petites touches, avec un sens aigu du langage des corps, Samira Sedira refait le chemin qui va mener Cesare, dévasté par le remords et qui a trouvé refuge chez sa sœur, jusqu’à ce cimetière de Toulon, où il commencera enfin, aux côtés du père d’Adel, à saisir l’irréversibilité de la mort. La Faute à Saddam est un roman pointu, aux apparences modestes, qui dit la France d’aujourd’hui : un livre qui accuse et console. Beau et rare.

Catherine Simon

La Faute à Saddam de Samira Sedira
Le Rouergue, « La Brune », 112 pages, 13,50

Le Matricule des Anges n°193 , mai 2018.
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