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Domaine étranger Le Pouvoir de Naomi Alderman

mai 2018 | Le Matricule des Anges n°193 | par Thierry Guinhut

Comme Will Self intervertissant Les Grands Singes et les hommes, sa compatriote Naomi Alderman pratique en son roman l’inversion des rôles. Soudain, les filles, les femmes ont « le pouvoir » sur les hommes, qui deviennent le sexe faible, se vengeant avec délectation de millénaires de domination. Il leur suffit d’être des « filles électriques », de provoquer des « convulsions et suffocation, occasionnant des cicatrices qui se déploient comme des feuillages le long des bras », du corps, de ces Messieurs qui tentent de les agresser. C’est la rançon du harcèlement sexuel et des viols, qui ainsi ne sont plus que des tentatives avortées, châtiées, dissuadées.
Il faut des personnages pour animer cette révolution mondiale qui fait tomber les gouvernements : c’est un trio féminin. Roxy, qui assista au meurtre de sa mère, devient une femme d’affaires terrifiante ; Allie, qui fut une enfant abusée, acquiert le pouvoir de guérison et devient sous le nom symbolique de « Mère Eve » une gourou à l’influence mondiale ; Margot, maire d’une ville, accède à l’influence politique qui lui permet de séparer camps de filles et garçons. Parmi les récits alternés, on n’oubliera pas Tunde, un journaliste nigérian, chroniqueur enthousiaste de ce nouveau monde en gestation, et dangereusement exposé.
Si cet apologue fantastique plein d’allant, de suspense et d’action, non dépourvu de psychologie, se lit avec bien de l’intérêt, il peut paraître un peu alourdi par la thèse féministe. Reste qu’il s’agit d’une anti-utopie, à poser aux côtés de La Servante écarlate de Margaret Atwood, dont il est l’antidote. Mais il n’est pas sûr que le pouvoir des femmes, qui peuvent également s’affronter, soit un gage de paix ; le matriarcat devient « guerre de tous contre tous » et entraîne la débandade de la civilisation…

Thierry Guinhut

Le Pouvoir de Naomi Alderman
Traduit de l’anglais par Christine
Barbaste, Calmann-Lévy, 396 p., 21,50

Le Pouvoir de Naomi Alderman Par Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°193 , mai 2018.
LMDA papier n°193
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