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Domaine français Le Sacret

juin 2018 | Le Matricule des Anges n°194 | par Richard Blin

Constitué d’une seule phrase, le dernier livre de Marc Graciano tient de la gageure. Une seule phrase qui ne rompra jamais les amarres avec la palpitation première due à l’apparition-découverte, par un jeune garçon, d’un oiseau de proie « tellement figé que, de loin, il avait semblé au garçon une motte de terre ». Épuisé, une aile sanguinolente et affligée de la perte d’une rémige, cet oiseau – un sacret, mâle d’une espèce de faucon à peine plus petite que le gerfaut – est capturé par ledit garçon, qui le conduit à l’autourserie du château pour essayer, avec l’aide de l’autoursier – fauconnier pratiquant la chasse au vol – de le sauver. Au fil d’un implacable mouvement d’avancée qu’alimente et qu’articule la litanie des « et… et… et… », la phrase s’insinue, et nous avec, dans l’intimité du monde de la fauconnerie, collant au plus près de ses réalités, épousant le temps de la perception et nous créant une connivence active avec le garçon et l’autoursier. Capter les gestes et s’en tenir à ce qui est là, qui apparaît. Toujours à hauteur de corps et d’attitudes, la phrase n’est qu’un regard intéressé et imprégné de savoirs. Un regard en mouvement, d’une extrême précision et d’une extrême attention. Un regard fait de l’expérience sensible des choses, des attitudes et des savoirs la matière même de l’écriture.
Tout l’art de Marc Graciano, l’auteur de Liberté dans la montagne (Corti, 2013), réside dans cette volonté poétique d’approcher au mieux le visible, qu’il s’agisse de la réimplantation d’une rémige ou d’une partie de chasse au vol. Peu ou pas de paroles, seulement des regards qui se croisent, des corps qui bougent et des manières d’être à l’espace, au temps et à ce qui est.
Richard Blin

Le Sacret de Marc Graciano
Corti, 96 pages, 14

Le Matricule des Anges n°194 , juin 2018.
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