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Entretiens Les orphelins de la foi

octobre 2018 | Le Matricule des Anges n°197 | par Thierry Guichard

En reconstituant la vie brève d’une jeune photographe qu’on enterre, Jérôme Ferrari délivre un roman d’une densité soutenue où se retrouvent les thèmes d’une œuvre tendue par une quête sans fin.

Quand se referme À son image, le nouveau roman de Jérôme Ferrari, on ne sait plus trop ce qu’on y a lu. On comprend seulement qu’un livre peut nous jeter à terre puisque c’est ce que font les dernières pages de celui-ci, avec ses longues phrases qui rassemblent les étoiles caniculaires de la Corse et le ciel vide de Sarajevo, un légionnaire que la guerre attire et une photographe qui s’en va vers la mort. On ne sait pas trop ce qu’on a lu parce qu’on n’a jamais pu lâcher un fil narratif qui nous fait suivre Gaston Chérau sur le front de la guerre italo-turque qu’il couvre dès 1911 pour Le Matin où il prend « des photos impossibles à publier » de corps déchirés, qui nous montre, cette narration, les photos qu’un autre, Rista Marjanovic ramène de Corfou ou qu’il développe à partir de pellicules trouvées sur des soldats autrichiens et qui marient à jamais l’ignominie à la condition humaine, nous plonge, ce roman, dans la guerre fratricide des deux FLNC (Canal historique et Canal habituel) qui ampute la génération à laquelle appartient celle que le livre va mettre deux cents pages à enterrer, Antonia V. qui est photographe, qui est Corse et qui meurt dans un accident de voiture, éblouie par le soleil, page 14. Et ce n’est pas la moindre force de ce livre que de lier l’histoire de la photographie, celle des guerres coloniales et européennes à celle d’une jeune femme prise dans les rets de son époque et dans la mythologie de pacotille de son île.
Antonia se tue et c’est son parrain que l’on charge de mener l’office funèbre, un prêtre qui compte sur la rigidité de sa foi pour ne pas ployer sous le chagrin. Le livre tient tout entier dans cet office religieux et dans les chants liturgiques qui recomposent pour nous la vie d’Antonia.
Et ce qu’on saisit alors, c’est une histoire que Jérôme Ferrari a toujours portée en lui, une histoire que ses livres n’ont eu de cesse d’interroger. Celle de la Corse de 1980 à 2000, et plus particulièrement l’époque sanglante des règlements de comptes fratricides. Antonia est alors comme un témoin que la fiction envoie dans l’Histoire pour en saisir la fragile vérité. Elle observe ces gamins, à peine plus vieux qu’elle, qui vomissent les Get 27 trop vite absorbés aux fêtes de villages devenir peu à peu des justiciers cagoulés et ridicules, empêtrés dans des codes sociaux dépassés, incapables d’aimer les femmes qu’ils conquièrent, fiers de connaître la prison et l’odeur des armes à feu. L’écrivain excelle à saisir aussi l’attente amoureuse d’une jeune fille qui voudrait que la vie tienne ses promesses, que le journalisme qu’elle pratique rende compte du monde et que la photographie puisse, peut-être, révéler quelque chose d’une vérité. Et peut-être est-cela qu’on a lu : la recherche vaine d’une vérité, l’élaboration d’une foi qui tiendrait lieu de viatique, qu’elle soit celle du prêtre ou celle des combattants, celle du cœur ou celle du sang. Tous ceux qui meurent meurent seuls parce que, peut-être,...

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