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Domaine français L’absolu du perdu

septembre 2019 | Le Matricule des Anges n°206 | par Richard Blin

Dans un récit entrelaçant, autour de trois dates historiques, petites et grandes destinées, Bruno Remaury montre comment l’humanité a peu à peu abandonné l’idée de grandeur et de verticalité au profit d’une horizontalité expansionniste et mortifère.

Le Monde horizontal

À la croisée de l’essai et du récit, Bruno Remaury nous donne, avec Le Monde horizontal, son premier texte littéraire, le livre d’un intranquille, mais surtout un livre comme on les aime, avec de l’inattendu, et dans une forme qui est le reflet du fond. Fonctionnant par fragments et associations, il s’articule autour de trois années – 1906, 1506, 1946 – au cours desquelles se sont déroulés des événements, et ont vécu des hommes et des femmes qui ont été les témoins et/ou les acteurs de l’effondrement de la verticalité. En faisant revivre des contemporains exemplaires de leur temps, en leur rendant leur corps, leurs yeux pour voir, et leur pensée, Bruno Remaury pose comme un faisceau lumineux sur des faits qui mettent à nu la façon dont l’homme s’est représenté le monde et ceux qui l’habitent.
Ainsi quand, en juin 1906, Félix Régnault, un libraire toulousain « qui s’est inventé un destin de paléontologue » découvre dans la grotte de Gargas, des dizaines d’empreintes de mains, rouges ou noires, parfois blanches, d’hommes, de femmes, d’enfants, « mains aux doigts écartés, tournées vers le haut », oubliées là pendant « vingt-cinq et quelque mille années », c’est soudain quelque chose de secret et de sacré qui s’offre à ses yeux. S’il ne sait pas ce qu’elles veulent dire, lui qui était d’un temps où l’on avait remplacé l’âme par la raison et la foi par la science, sent cependant très bien que ces mains « enduites de terre rouge comme du sang » qui se tendent vers le haut, indiquent une direction, « celle de l’indicible et écrasant édifice de la transcendance, de l’abrupte autorité des astres, des ancêtres et de la déité ». Mais si les grottes sont le premier lieu où se scelle le pacte de l’homme avec le sacré, elles sont aussi le lieu où vivent les monstres. D’où le lien qui lie le sacré et la peur.
La peur, la monstruosité, la mort au fond d’un trou, des hommes allaient les vivre, cette même année, lors du coup de grisou qui fit 1099 morts dans la mine de Courrières, dans le Pas-de-Calais. Mais combien d’emmurés vivants ? Au bout de vingt jours, treize survivants réapparaîtront, puis un quatorzième, Berton, quatre jours plus tard, après être resté « seul, tout seul, vingt-quatre jours d’affilée ». Un temps pendant lequel tous savaient que la compagnie préférerait les laisser mourir plutôt que de sacrifier les installations en noyant la mine pour éteindre l’incendie. L’enfer en bas, la vie en haut, ils l’ont vécu, et pourtant la moitié d’entre eux choisira de retourner dans la mine, « là où sans doute était le monde auquel ils se sentaient rattachés. La dignité du dernier homme commence avec une place à laquelle s’identifier ».
Pour Marie, que la même année voit naître, et qui est l’unique héritière d’une dynastie bourgeoise, le rôle de chacun dans le monde est « justifié par la destinée humaine et par la main invisible de Dieu ». Pour elle, qui vit sur une colline au-dessus de son usine, l’ordre du monde semble immuable et...

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