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Théâtre Agamel et d’Abandonnure, de Bruno Castan

novembre 2019 | Le Matricule des Anges n°208 | par Patrick Gay Bellile

Agamel ; D’abandonnure

Deux textes qui se répondent. Agamel, d’abord, très court, évoque un fait divers sordide, un cas de maltraitance d’enfant. Il s’ouvre sur l’horreur, se clôt sur la bêtise. Il y a dans la forme très ramassée comme un coup de poing qui vous percute sans que vous ayez le temps d’esquisser la moindre défense. Une voix raconte, puis peu à peu disparaît comme s’éteint la vie quand il n’y a plus rien à espérer. Et lorsque l’auteur nous montre l’enfant arrivé au bout de son calvaire, encore porteur d’un mot, un seul, le dernier, le peu qu’il nous est donné de voir et d’entendre de ses sauveteurs ne laisse rien présager de bon. D’Abandonnure, ensuite, met en scène Maurice, raconté et interprété par Le Comédien tandis que dans le fond du théâtre, un vieillard passe régulièrement en appelant «  Maman ? » Et ce que nous dit Maurice, sous la forme d’une conférence au titre burlesque : « De que la solitude est partout et plus encore quand on pourrait se croire entouré et voilà », c’est son regret d’être né. Ou plutôt, parce que dans sa tête tout s’embrouille, sa volonté de ne pas naître. « Je veux pas ! » Parce que la naissance est le premier abandon, et qu’il en annonce bien d’autres. Parce que la vie ne réserve rien de bon à ceux qui ont choisi de venir au monde : l’amour, « Il te quitte. Elle te quitte », les enfants, « Tu peux être tranquille ils penseront à autre chose que s’occuper de toi », la guerre, les promesses non tenues, les choix impossibles. Et à la fin pourtant, Maurice est au bord de l’inévitable accouchement : « Demain il va y aller, j’en suis sûr, il va craquer  ».
Ces textes pourraient sembler désespérés, et ils le seraient, s’il n’y avait la verve toujours brillante de Bruno Castan. Le besoin incessant de jouer avec les mots, d’en inventer parfois, le plaisir de raconter des histoires, mettent à distance les émotions profondes qui imprègnent ces textes. Ils nous disent finalement que tant qu’il y a des mots et une langue, quelqu’un pour la parler et un autre pour l’entendre, alors la vie est là. La vie est langage et l’on sent que celle de Bruno Castan parle et parle encore.

PGB

Agamel et d’Abandonnure de Bruno Castan
Éditions Théâtrales, 48 pages, 9,90

Agamel et d’Abandonnure, de Bruno Castan Par Patrick Gay Bellile
Le Matricule des Anges n°208 , novembre 2019.
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