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Revue Amour(s) à tous vents

mai 2020 | Le Matricule des Anges n°212-213 | par Dominique Aussenac

La revue Graminées propose à dix auteurs des cinq continents d’ausculter la notion de couple. Diagnostics fertiles, (a)variés, stupéfiants.

Graminées N°1 (Couple.s)

Créer une revue de nouvelles, particulièrement en France, a fortiori avec des écrivains étrangers inconnus, tient forcément de la gageure. Faisant fi de tout cela, enthousiastes, Ève Vila et Nathalie Tournillon réunissent ici dix écrivains, cinq traducteurs et cinq illustrateurs. Ce qui offre un ouvrage très coloré, d’une grande diversité. Très risqué aussi d’évoquer le couple (thème du numéro inaugural) sur lequel la littérature s’est déjà énormément répandue. Mais visiblement la source est loin d’être tarie.
Certains lient l’amour, les sentiments à un lieu. Le Bulgare Gueorgui Gospodinov, lui, inverse la problématique. « Pour tomber amoureux d’une ville il n’y a pas de meilleur moyen que d’y chercher une femme. » D’un coup de baguette auto intertextuelle (sic), il convoque un personnage d’un de ces écrits précédents. « Carla de Lisbonne vivait dans trois pages de mon roman. Elle était apparue subitement à la soixante-quinzième et à la soixante-dix-septième, elle disparaissait tout aussi subitement. Il y a des femmes comme ça, tout ce qu’on peut dire d’elles, c’est qu’elles disparaissent. » La ville blanche, magnifiquement filmée par Alain Tanner décline sa lumière, sa soif de saudade, d’illimité, son hospitalité… Et la quête de Gospodinov ne peut rester vaine puisque : « dans les cafés de chaque ville où je me rends, j’écris cette lettre sur l’envers des dessous de verre à bière et à porto. Je laisse des signes, afin de ne pas trouver une femme que j’aimerais beaucoup revoir. »
Avec « Des rivières plein le ventre », Carl-Keven Korb magnifie Chicoutimi, ses maisons colorées, ses nuages, ses eaux qui se jettent dans le Saint-Laurent. Par une histoire d’amour somme toute banale, il ouvre les vannes à une prose torrentielle, sans ponctuation, un bombardement de mots que le québécois magnifie. « On est jeunes pis fanés. On couve les bombes. On regarde s’envoler nos fusées on hallucine des monstres dans la neige des bois. On est amoureux. Amoureux tout court. Enragés verts de vie. » Pour l’Ousbek Souskbat Aflatouni, la mer d’Aral asséchée, « L’île de la Renaissance », se muent en miroir aux alouettes. Séduire, c’est aussi s’extraire, fuir un pays, une condition. Ici, la France projette un exotisme de pacotille.
D’autres émois peuvent se conclure terriblement. Il en est ainsi de « Karla », la première nouvelle du recueil écrite par l’Australienne Laura Elizabeth Woollett. Elle évoque la présence dans un hôpital psychiatrique d’une femme qui par amour, faiblesse, stupidité a permis à son amant de violer, trucider de nombreuses femmes, jusqu’à sa propre sœur. Tandis que du Nigeria avec « Tout droit d’Amérique », Olufunke Ogundimu exhibe un matelas taché de sang, acheté par un pauvre bougre qui y accueille son amoureuse. Le matelas recèlera rapidement une nouvelle tâche avant d’être revendu. Quant au désir homosexuel et la jalousie qu’il peut engendrer au sein d’un couple hétéro, il est ici aussi subtilement que crûment saisi par la Néo-Zélandaise Sue McCauley (« L’homme marié »). « La soumission exacerbait mes qualités les plus féminines. Il lui suffisait de franchir le seuil avec cette poigne de fer qui se desserrait dans son pantalon, et il m’avait tout à lui, servile, esclave. »
Plus qu’au confort d’un voyage en couple autour du monde, Graminées convie à sortir des textes, sentiments et amours rebattus.

Dominique Aussenac

Graminées N°1
150 pages, 20

Amour(s) à tous vents Par Dominique Aussenac
Le Matricule des Anges n°212-213 , mai 2020.
LMDA papier n°212-213
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LMDA PDF n°212-213
4.00 €