La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Milieu

mars 2021 | Le Matricule des Anges n°221

Ça commence avec Antoine et Violette dans leur petite maison au bord d’une rivière sans poissons traversée par un vieux pont qui craque. Autour, il y a un village, une montagne et une forêt. Plus loin, on ne sait pas. Il n’y a peut-être rien. Et c’est sans doute dangereux. « Violette était née ici et personne ne lui avait dit comment s’appelait l’endroit. Elle n’avait jamais voulu savoir, elle n’avait jamais entendu quelqu’un en parler, c’était possible que personne ne sache. » Il y avait un chien, aussi, Rotor, et puis le chien est mort et sur un malentendu Antoine est parti, en marchant droit et sans se retourner. Violette reste d’abord seule, puis survient Lucie qui lui apprend l’art de l’attente pure, celle qui n’a d’autre objet que l’attente même. Il ne faut donc rien attendre d’autre que l’attente même, et c’est peut-être pour ça qu’elles se mettent à utiliser de moins en moins de mots. « Maintenant, c’était la lumière extérieure qui leur disait quoi faire. Il n’y aurait plus besoin de dire dormir et ça faisait un mot de moins. Violette voulait continuer à dire Antoine par exemple mais un mot comme dormir elle était bien contente de ne plus avoir à le dire. » En ne disant plus de mot, en les remplaçant par les gestes qu’ils désignent, on peut peut-être atteindre « l’action pure ». Et on peut encore se souvenir un peu, mais pas trop, car trop se souvenir perturbe l’attente pure qui est peut-être aussi une action pure ou sa condition. « Violette savait ce que faisait la mémoire, elle retenait n’importe quoi qui était répété. » Puis Violette et Lucie construisent une barrière autour de leur maison, « avant la barrière il fallait bien parler de temps à autre pour échanger quelque chose ou pour dire le mot rien à quelqu’un qui ne comprenait pas leur attente mais maintenant il ne fallait plus rien dire ». Dans une langue faussement naïve et d’une grande expressivité, ce premier roman d’Adrien Lafille est un conte philosophique subtil, une quête de la disparition.

Guillaume Contré

Milieu
Adrien Lafille
Vanloo, 104 pages, 16

Le Matricule des Anges n°221 , mars 2021.
LMDA papier n°221
6.50 €
LMDA PDF n°221
4.00 €