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Entretiens Lâcher prise

mars 2021 | Le Matricule des Anges n°221 | par Gilles Magniont

Quelques jours d’enquête sur la frontière du Texas, au départ d’une année terrible : dans son immense Cimetière d’étoiles, Richard Morgiève donne libre cours à la « poésie humaine ».

L’enquête du Marine mort à El Paso était bien partie pour tout avaler, tout confondre en elle-même.  » Le roman semble pareillement tout absorber : misère et paranoïa, faits divers et affaire d’État, traumas et expérimentations, standards et Évangiles, FBI et CIA, Vietnam et Kennedy (nous sommes en 1963), faune des seconds couteaux et demoiselle en danger, anthropologie de l’enquête policière et cour des miracles, serial killer (qu’on n’avait pu achever dans le précédent opus, Le Cherokee) et ranch qui sent la pâtisserie. Et, pour combiner ces éléments, Morgiève qui se permet tout, et tout de suite, dépensant sans compter ses fulgurances lyriques et ses apophtegmes virils, distribuant à la volée sa poésie bizarre et ses punchlines sur « la nouvelle économie blanche mondiale  », écrasant le récit sous une inflation de commentaires avant de le faire flamber par des visions apocalyptiques, théâtralement grossier et radicalement sentimental. Sans malice aucune : à rebours d’un exercice de style, Cimetière d’étoiles sidère par sa liberté, dans un genre hirsute qui semble contredire l’épilation promue par les nordistes aussi bien que le bon ton de nos littérateurs pop. L’auteur a du métier, mais refuse la maîtrise : les tours de patrouille font les chapitres, l’enquête avance comme par les vagues de l’inconscient ou le cours sinueux d’une fièvre, le monde dérive au fil d’images inouïes qui viennent composer une sorte de tapisserie gothique, un tableau de Jérôme Bosch où le dandinement des oiseaux peut faire songer à des « danseuses trépanées ayant envie de chier ». « Ce que les gens oubliaient, y compris les spécialistes, c’était que dans toute affaire criminelle il y avait du comique, du dérisoire » – pas moyen ici de le perdre de vue, par la grâce de caractérisations aberrantes – « Il aurait adoré le bowling s’il avait été complètement con » – ou de bas-reliefs grotesques : « Il a attendu sur le sol en marbre couleur chiasse. Perry Genre Féminin est apparue. Elle était assortie à tout le reste – rien que son chignon, ça faisait du chagrin. On aurait dit Jack Lemmon déguisé en Grace Kelly. »
En premier plan du bestiaire, de cette humanité déchue où l’on se sent souvent « de merde et de boue », voilà les lieutenants Rollie Fletcher et Will Drake. Deux monstres à leur façon, « véreux, fachos, alcooliques », « l’air normal et pas du tout » : « Deux pères de famille qui auraient bouffé leurs gosses et leurs femmes sans culpabilité ». Au plafond sublime du récit se hisse leur histoire d’amour et d’admiration brûlante, eux qui n’ont « pas plus de sexualité l’un que l’autre », et qui s’échangent leurs Lucky Strike comme on grille les Gitanes dans Le Condamné à mort de Genet. Morgiève les saisit ainsi « ante mortem » comme deux apprentis fantômes conduisant leur voiture – le « Cercueil » ; il fera d’eux, dans l’entretien qui suit, une sorte de contrepoison face à la bien-pensance qui aujourd’hui « affecte les livres », et face à la « lâcheté des...

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