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Domaine français Le Détour

mai 2021 | Le Matricule des Anges n°223 | par Chloé Brendlé

Si je vous dis décès, que vous vient-il à l’esprit ? » Le narrateur de ce premier roman est un curieux quidam. Il exerce un métier « qui en vaut un autre » mais qui se définit moins bien que d’autres. Alors, tentons de le décrire : il arrive dans une gare, avec une liste de noms et d’adresses d’inconnus. Toujours ponctuel, il se rend chez eux en taxi et reste une heure. Pendant laquelle il leur pose des questions, ni tout à fait intimes ni purement administratives, écoute puis disparaît. Il porte parfois un pardessus élimé, il est discret. Poreux. Il partage avec Modiano le goût des cafés et des vieilles connaissances qui resurgissent au coin d’une rue, et se mettent à nous hanter – irrésistiblement. Le Détour est le récit d’une brèche dans la vie d’un homme, qui n’arrive plus à dormir ni à véritablement rentrer chez lui et n’en finit pas de répondre à la lettre de la femme qu’il aime. Comme son personnage qui trébuche et revient sans cesse sur ses pas, Alexis Weinberg fragmente son roman en chapitres brefs et concentriques. Il accommode ses mots comme on frotte et réajuste ses lunettes : les temps se chevauchent (est-on encore hier ou déjà aujourd’hui ? Et cette plage, nous attend-elle en sortant du métro ?), les noms tantôt nomment d’une flèche précise – et presque précieuse – les scènes et les matières (« compacité », « matité », « paréidolie », « étoupe cotonneuse », « viscosité ») tantôt s’effilochent autour d’un sentiment de je ne sais quoi, le temps qui passe, les possibles qui se réaniment ou s’évanouissent. Intrigante écriture qui touche aux sensations les plus ténues, tente de saisir sans esbroufe l’épiphanie, de se remémorer avec douceur les empêchements de ses 15, 20 ans, de débusquer l’être encore vivant sous ses masques. L’auteur parvient à faire éprouver au lecteur un vibrato subtil et mélancolique, à la lisière du monologue intérieur et de l’adresse intime, en tentant, un peu à la manière de Sarraute recherchant les contours d’avant le langage, de donner forme à une vie.

Chloé Brendlé

Le Détour
Alexis Weinberg
Gallimard, 152 pages, 17

Le Matricule des Anges n°223 , mai 2021.
LMDA papier n°223
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