La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poches L’homme incendié, de Serge Filippini

octobre 2021 | Le Matricule des Anges n°227 | par Yann Fastier

L' Homme incendié

L’ennui avec les vies des hommes illustres, c’est qu’on en connaît la fin d’avance. Ainsi de Giordano Bruno (1548-1600), dont on sait de quel bois catholique, apostolique et romain fut dressé le bûcher. Tout suspense éventé, c’est donc depuis sa prison du château Saint-Ange que le philosophe et graphomane entreprend de raconter sa life au cours des huit jours qui lui restent. Une vie passée à fuir dans toute l’Europe, d’université en université, les ennemis que lui suscitait à tous coups son anticonformisme en un temps où il était pour le moins mal vu de ne pas choisir son camp. Dominicain, docteur en théologie, Bruno professait en effet des idées bizarres – personnelles en tout cas – qui lui valurent d’être assez vite excommunié, chassé, persécuté, respecté, fêté parfois, puis enfin trahi, questionné, jugé et exécuté. Et c’est à ce titre avant tout qu’il est resté dans les mémoires : en tant que martyr d’une liberté de penser que d’autres, à commencer par Montaigne, cultivèrent avec davantage de prudence.
Car la prudence n’étouffe pas le Napolitain, dont le caractère inflammable semble le prédestiner au fagot. Grande gueule, volontiers ramenard, misogyne et passablement imbu de lui-même, Bruno n’a rien d’un saint et c’est tout le mérite de ce roman paru en 1990 (quand l’exofiction s’appelait encore « biographie romancée ») de le rendre à sa très imparfaite humanité. Une humanité que Serge Filippini arrange à sa sauce et c’est son droit : sa « vie de Bruno » se veut également le portrait d’une époque, aussi mène-t-il son philosophe errant à la rencontre de tous ceux qui devaient y compter, de Baïf au jeune Shakespeare, de Tycho Brahé à Arcimboldo, du poète Philip Sidney à l’utopiste Campanella. La plume est certes habile, ardente autant qu’il sied, mais c’est un peu trop, parfois, de même que le thème homosexuel, omniprésent, finit par devenir assommant, comme toute fête à laquelle on n’est pas convié.

Yann Fastier

L’homme incendié
Serge Filippini
Libretto, 424 pages, 11,50

L’homme incendié, de Serge Filippini Par Yann Fastier
Le Matricule des Anges n°227 , octobre 2021.
LMDA papier n°227
6,50 €
LMDA PDF n°227
4,00 €