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Domaine français Les Envolés, d’Étienne Kern

octobre 2021 | Le Matricule des Anges n°227 | par Anthony Dufraisse

7h30, le 4 février 1912 : « Tu nous montres quelque chose ; cette grosseur tout contre ton dos, dans laquelle tu mets tes espoirs. Ton parachute. » Cet homme que tutoie Étienne Kern dans son premier roman, comme s’il en était devenu l’intime confident, c’est Franz Reichelt. Il aurait pu, ce tailleur pour dames de métier, devenir l’inventeur du parachute. Mais son prototype ne fonctionna pas, et voilà qu’il devint l’homme au « costume de super-héros raté ». C’était au temps de la Belle Époque et des aéroplanes naissants, et « c’était quasiment la première fois, dans l’histoire, qu’une caméra saisissait la mort en direct. » Car la préparation du saut, et donc la chute, depuis les 57 mètres de la première plateforme de la tour Eiffel, sont effectivement filmées par des cameramen de Pathé. L’archive-vidéo tourne en boucle sur Internet, où Kern l’a découverte, fasciné au point d’en faire un livre.
Le portrait que l’auteur esquisse de cet homme naturalisé français en 1911, originaire de Bohême autrichienne, est d’une grande finesse psychologique. Kern met beaucoup de délicatesse à raconter, au miroir d’une époque éminemment romanesque, l’histoire personnelle et sentimentale de ce personnage devenu « nouvel Icare puni par les dieux pour (s)on audace », à 33 ans. C’était l’âge aussi de M., une amie de l’écrivain, grande lectrice de Stendhal et Modiano, et qu’une maladie incurable poussa, un jour de mai 2016, à se défenestrer. À un siècle de distance, ces deux vies happées par le vide, sans oublier une troisième, celle du grand-père alsacien de l’auteur tombé accidentellement d’un balcon, se croisent dans ces pages qui valent linceuls. Elles font, ces lignes touchantes, un dernier hommage aux morts avant de les ensevelir à nouveau. Les Envolés, c’est un puissant et poignant tombeau littéraire pour « ceux qui sont tombés », « ceux qu’on a perdus ». Kern, après plusieurs essais d’histoire littéraire remarqués, s’y révèle en subtil romancier des fantômes.

Anthony Dufraisse

Les Envolés
Étienne Kern
Gallimard, 147 pages, 16

Les Envolés, d’Étienne Kern Par Anthony Dufraisse
Le Matricule des Anges n°227 , octobre 2021.
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