La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Essais Machine en surchauffe

novembre 2021 | Le Matricule des Anges n°228 | par Gilles Magniont

William S. Burroughs SF machine

On continue de l’acoquiner à la Beat Generation ou à l’avant-garde expérimentale, lui qui convoque allègrement télépathes, mutants, extraterrestres, savant fou, métamorphoses, voyages dans le temps, astre lointain, etc. Autant de figures et péripéties consacrées par la SF, à laquelle Clémentine Hougue propose ici de rendre William Burroughs. « La science-fiction a la mauvaise habitude de se réaliser », remarquait-il, préférant pour sa part parler de « fiction spéculative » : autant dire que ses fantaisies se déploient pas très loin de nous, « animaux moribonds sur une planète damnée » ; et que ses dystopies (la Trilogie Nova en tête, entre 1961 et 1968) dévoilent l’imminente réalité du capitalisme de surveillance, de ses systèmes de Contrôle et de ses mafias tentaculaires. La SF machine de Burroughs, comme le montre cet essai, raconte alors une guerre tout en la menant, à coups de techniques d’écriture (dont bien sûr les fragmentations du cut-up) affrontées aux virus des médias, aux impostures d’une vérité totalisante, aux mirages de l’identité : « si le contrôle est au cœur du langage lui-même, il est encore possible de le broyer, de le détruire de l’intérieur (…). Aggraver le mal pour le résoudre, mettre le langage en surchauffe pour le débarrasser de son parasite contrôlant, voilà la solution que permet la machine à écrire burroughsienne ».
L’imposition d’un nouveau langage – ou « linguistique-fiction » – est ainsi au cœur de cet essai qui dit le propre de Burroughs tout le en situant dans un siècle de littérature populaire – des inspirateurs aux inspirés, des magazines de l’entre-deux-guerres au cyberpunk d’aujourd’hui. Et qui vient utilement réinscrire notre junkie dans cette industrie du divertissement qu’il entend pirater pour y créer, selon sa flamboyante formule, « nos propres Terres Occidentales ».

Gilles Magniont

William S. Burroughs SF machine
Clémentine Hougue
Éditions JOU, 190 pages, 18 e

Machine en surchauffe Par Gilles Magniont
Le Matricule des Anges n°228 , novembre 2021.
LMDA papier n°228
6,50 
LMDA PDF n°228
4,00