La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Un auteur
Retour de Lack
Léo Lack personnifie la condition des traducteurs dont la plupart restent d’anonymes faire-valoir. En nous permettant de lire Fred Uhlman ou Pearl Buck, cette femme discrète aura tout de même construit une œuvre.
Il était temps que cette rubrique adresse à une traductrice un salut, lequel se double d’un hommage. C’est une réparation nécessaire et juste. Nécessaire parce que les traducteurs dont la Société réside comme par hasard rue des Martyrs à Paris, sont trop souvent la cinquième roue du carrosse. Juste parce qu’ils sont confrontés, malgré les connaissances et le talent que leur art réclame, à des...
Un auteur
Dictée du bouffon
De modeste « extrace », Bernard Bluet d’Arbères aura tenu successivement les rôles de berger, de bouffon et d’illuminé. Il n’en a pas moins laissé des textes étonnants.
On doit à Théodore Agrippa d’Aubigné, le poète aux pistolets, de n’avoir pas tout à fait perdu le fil de Bernard Bluet d’Arbères. Dans la Confession de Sancy, d’Aubigné souligna le « style bien fleuri du comte de Permission ». Bernard Bluet s’était en effet attribué le titre de Comte de Permission, une « permission » qu’il faut interpréter comme la liberté du bouffon de déroger à l’étiquette...
Un éditeur
Sous le signe du Voleur
Éditeur majeur de la seconde moitié du siècle vingtième, Jean-Jacques Pauvert offre un premier volume de mémoires où, entre coups de patte et aperçus de la vie éditoriale, il rappelle ses grands moments.
Octogénaire souriant et peut-être même narquois, Jean-Jacques Pauvert fut longtemps l’enfant turbulent des Lettres. À 20 ans, celui-là avait déjà édité Sade. Bien vite, il s’était fait remarqué par la Préfecture de Police et ne manquera pas de faire quelques tours à la barre par la suite. Les libraires et les lecteurs furent plus longs à s’apercevoir de son existence mais tous ont désormais...
Un auteur
Les grandes foulées
Céline Minard déboule avec un roman d’une originalité estomaquante. « R. » ou les marches solitaires du petit-neveu de Rousseau.
Céline Minard est bluffante. Son premier roman, R., abordé innocemment se révèle une œuvre forte. On lève un sourcil confondu. Où nous mène-t-elle donc ? Diablement équipée, Céline Minard organise une course en terre dauphinoise dont, évidemment, elle est le guide démiurgique (à tendance facétieuse). Il fallait un cicerone pour pénétrer son pays d’ « incroyables lanterneries (…) certainement...

