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La rédaction Thierry Guichard

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Thierry Guichard

Articles

Soixante kilos de coups durs

de Hallgrímur Helgason
Éros, Thanatos, harengs Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance. Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins. Nous sommes en 1906, le village est composé d’une église autour de laquelle peu de maisons de bois (les lambris signent ici l’aisance) et un peu plus d’habitations en tourbe (comme celle où vit Gestur)...
avril 2026
Le Matricule des Anges n°272

Bientôt le soleil

de Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

Si Guy Goffette a décidé de s’approcher de Pierre Bonnard en déclarant sa flamme à sa femme, Marthe (voir p.35), Ludovic Janvier compose une ode au peintre en l’attaquant par la couleur et les paysages. Dans ce texte écrit en correspondance aux belles illustrations qui occupent les pages paires, l’écrivain entre en mimétisme avec la peinture de Bonnard. Avec lui, il évoque « le figuier vêtu...
septembre 1998
Le Matricule des Anges n°24

L' Art dégénéré

de Collectif

C’est pas de l’art, ça...

Réunis sous un générique provocateur, artistes et écrivains opposent une radicale singularité aux consensus artistiques et politiques. Décapant. Très mobilisées pour comprendre et lutter contre la propagation des idées d’extrême droite, les éditions Al Dante (après la publication sous la direction de Natacha Michel de Paroles à la bouche du présent. Le négationnisme, histoire ou politique ?, 1996) se sont associées au Collectif Aix Art Contemporain pour réaliser le catalogue de l’exposition L’Art dégénéré qui s’est tenue à...
septembre 1998
Le Matricule des Anges n°24

Le Général, ses filles

de Samuel Astrachan

Chez ces gens-là

D’abord, il y a Toni. Pour elle la quarantaine approche, l’amour s’éloigne avec ses deux divorces. Toni, peintre, vit seule à Paris. Femme volontaire (mais il ne faut pas gratter beaucoup pour découvrir ses failles), elle se trouve au moment où s’ouvre le roman dans une situation critique où, comme pour un homme qui se noie, l’histoire de sa vie revient à son esprit, sur un air nostalgique et...
septembre 1998
Le Matricule des Anges n°24

Monstruaire

de Julián Ríos

Portraits d’Antonio Saura

de Julián Ríos

Portraits de l’artiste

Un roman et une biographie de Julián Ríos autour d’une même figure : celle du peintre Antonio Saura. La fiction pour approfondir la réalité. Etourdissant ! Le nouveau roman de Julián Ríos, Monstruaire, est une forêt de signes où le lecteur est appelé à se perdre. Emil Alia, personnage du cycle de Larva, est chargé de préparer le programme d’une exposition de son ami peintre, Victor Mons. Ce dernier, artiste obsessionnel, peint exclusivement des monstres à partir de scènes vues dans le quotidien ou puisées dans la littérature et la...
septembre 1998
Le Matricule des Anges n°24

Médiatocs – chronique

Pare-chocs du moi Écrite précipitamment dans l’absence de style, l’autobiographie de l’ancienne directrice du Monde des livres atteint à des abysses de pensée. Du moment que ça la soulage…. Elle était la directrice du Monde des livres jusqu’au jour (« un matin de janvier 2005 ») où on lui annonce qu’elle est démise de cette fonction pour redevenir une simple journaliste. Josyane Savigneau vit d’autant plus mal sa mise au placard (qui la vivrait bien ?) que celle-ci la renvoie à un complexe d’imposture qui l’habite depuis toujours et qu’elle va tenter de résoudre en écrivant ce Point de côté. On espérait une réflexion sur le métier de journaliste, une description des rouages de la critique parisienne ou au moins une véritable plongée dans les mécanismes intimes, inconscients...
novembre 2008
Le Matricule des Anges n°98

Un âne, des mots

Claire Castillon a probablement un vrai talent d’écrivain. Mais ses lecteurs ont assurément beaucoup de patience. Son nouvel opus, indigeste en diable, impose une lecture éprouvante. Cette rubrique, consacrée aux très médiatiques romanciers allait tranquillement vers la proclamation d’un axiome incontestable. Quelque chose comme : un best-seller se fabrique. Dès sa conception jusqu’à son écriture, un best-seller imite plutôt la pente douce (qu’on dévale sans y prendre garde) que la montée abrupte qui nécessite effort et courage. Les ingrédients du best-seller se trouvent...
octobre 2008
Le Matricule des Anges n°97

“ Les mecs, on la perd ! “

Quels ingrédients faut-il pour faire un best-seller ? Une louche de clichés alignés par un style de collégien attardé et assez de cynisme pour prendre ses lecteurs pour des gogos. Prenez une pincée de Paulo Coelho, le romancier philosophe pour ménopausés du cerveau, dont vous extrairez des préceptes profonds du genre : « accepte le destin qui est le tien et donne aux autres le meilleur de ton temps ». Cette morale à deux sous qu’adorent tous les apôtres de la domination (que les miséreux acceptent leur misère et ne viennent pas nous emmerder) nous est assénée par...
septembre 2008
Le Matricule des Anges n°96

Courrier du lecteur – chronique

La preuve par huit Publié il y a treize ans aux États-Unis, « Surfiction » est un essai réjouissant. Clair et incitatif, il donne les bases d’une réflexion en mouvement. Constitué de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littérature de création (« le roman expérimental ») des années 60 à aujourd’hui plus particulièrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des premiers de sa génération avec Quitte ou double (1971) à révolutionner le roman (dans la lignée de Cervantès, Sterne ou Joyce). Le bonhomme n’hésite d’ailleurs pas à se citer lui-même… Le texte inaugural est un « manifeste postmoderne » : écrit en 1973, ce texte programmatique n’a pas pris une ride, si ce n’est, peut-être, dans l’utopique part...
juillet 2006
Le Matricule des Anges n°75