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La rédaction Thierry Guichard

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Thierry Guichard

Articles

Soixante kilos de coups durs

de Hallgrímur Helgason
Éros, Thanatos, harengs Le deuxième volet de la saga autour du village de Segulfjördur au nord de l’Islande montre comment la modernité finit par arriver dans la colonie danoise. Préparant son indépendance. Dans Soixante kilos de soleil, on avait laissé le jeune Gestur et le bambin Olgeir le borgne (depuis qu’un corbeau lui avait mangé son œil) se sortir miraculeusement de l’avalanche qui avait englouti la ferme de Lási le menuisier, père adoptif de notre héros après la mort de sa mère et sa sœur sous une première avalanche et la disparition de son père Eilifur lors d’une pêche aux requins. Nous sommes en 1906, le village est composé d’une église autour de laquelle peu de maisons de bois (les lambris signent ici l’aisance) et un peu plus d’habitations en tourbe (comme celle où vit Gestur)...
avril 2026
Le Matricule des Anges n°272

Olivier Rolin : le temps des perdants magnifiques

Pour la deuxième année consécutive Olivier Rolin crée l’un des événements de la rentrée littéraire. Avec Port-Soudan, l’écrivain livre son roman le plus émouvant. Loin de la nostalgie des années gauchistes, Port-Soudan illustre le désarroi des derniers utopistes. Entre tristesse et résignation. Pour le grand public, Olivier Rolin s’est fait connaître l’an dernier avec son roman monstre, L’Invention du monde qui relatait quarante-huit heures dans le monde. L’auteur affirmait ainsi son rejet d’une littérature du nombril, cette hypertrophie du moi qui justifiait les moqueries des auteurs anglo-saxons quant à la littérature française. Roman triomphant où la langue génératrice créait le...
octobre 1994
Le Matricule des Anges n°9

Lumineux comme des pans d’iceberg avec des parts de nous-mêmes

de Jacques Lèbre

Face au Cerisier

de Jacques Lèbre

Le chant de la terre

Postier de son état, Jacques lèbre avait pris l’habitude de se donner à lire dans les revues. Aujourd’hui deux éditeurs récompensent son talent. D’un côté, la mièvrerie, l’impossible pose du poète rêvassant, fleur à la boutonnière, lyre sous le bras ; l’amour, les oiseaux, le printemps léger si léger que le livre s’envole dans l’oubli. De l’autre, le mur opaque, la tentation de se construire avec des mots un miroir où nous, vampires dans l’univers si pur du poète, nous ne nous retrouvons pas. La guimauve d’un côté, le narcissisme...
avril 1994
Le Matricule des Anges n°8

La Lune dans le rectangle du patio

de Régine Detambel

Les madeleines de Detambel

…Trop-se-Mêle gagna un poisson rouge dans un sac en plastique et ma mère un service à café avec son plateau assorti. Dans la voiture, le coin du plateau perça le sac du poisson. » Le reste, la mort du poisson, les larmes, la douleur de l’enfance, est repoussé hors cadre, hors texte. Régine Detambel a cette intelligence de semer dans le sillon de ses phrases des histoires qui grandissent...
avril 1994
Le Matricule des Anges n°8

Le Pays de l’éclairement

de Charles Duits

La Conscience démonique

de Charles Duits

Question de N° 95

de Charles Duits

La révélation Duits

Encensé par Breton, ignoré de ses contemporains, Charles Duits a plongé dans les gouffres de la connaissance pour en ramener une lumière éblouissante. Dérangeante, son oeuvre redevient enfin disponible. Le Peyotl a donné un but à mon existence. » C’est en 1956 que Charles Duits prend pour la première fois ces boutons de cactus qui permettent aux indiens du Mexique d’accéder à la conscience des dieux. Mais que l’on ne se méprenne pas ; le poète était « voyant » avant l’absorption de toute substance. La longue note biographique qui ouvre le numéro de la revue Question de est explicite. Signée...
avril 1994
Le Matricule des Anges n°8

Médiatocs – chronique

Pare-chocs du moi Écrite précipitamment dans l’absence de style, l’autobiographie de l’ancienne directrice du Monde des livres atteint à des abysses de pensée. Du moment que ça la soulage…. Elle était la directrice du Monde des livres jusqu’au jour (« un matin de janvier 2005 ») où on lui annonce qu’elle est démise de cette fonction pour redevenir une simple journaliste. Josyane Savigneau vit d’autant plus mal sa mise au placard (qui la vivrait bien ?) que celle-ci la renvoie à un complexe d’imposture qui l’habite depuis toujours et qu’elle va tenter de résoudre en écrivant ce Point de côté. On espérait une réflexion sur le métier de journaliste, une description des rouages de la critique parisienne ou au moins une véritable plongée dans les mécanismes intimes, inconscients...
novembre 2008
Le Matricule des Anges n°98

Un âne, des mots

Claire Castillon a probablement un vrai talent d’écrivain. Mais ses lecteurs ont assurément beaucoup de patience. Son nouvel opus, indigeste en diable, impose une lecture éprouvante. Cette rubrique, consacrée aux très médiatiques romanciers allait tranquillement vers la proclamation d’un axiome incontestable. Quelque chose comme : un best-seller se fabrique. Dès sa conception jusqu’à son écriture, un best-seller imite plutôt la pente douce (qu’on dévale sans y prendre garde) que la montée abrupte qui nécessite effort et courage. Les ingrédients du best-seller se trouvent...
octobre 2008
Le Matricule des Anges n°97

“ Les mecs, on la perd ! “

Quels ingrédients faut-il pour faire un best-seller ? Une louche de clichés alignés par un style de collégien attardé et assez de cynisme pour prendre ses lecteurs pour des gogos. Prenez une pincée de Paulo Coelho, le romancier philosophe pour ménopausés du cerveau, dont vous extrairez des préceptes profonds du genre : « accepte le destin qui est le tien et donne aux autres le meilleur de ton temps ». Cette morale à deux sous qu’adorent tous les apôtres de la domination (que les miséreux acceptent leur misère et ne viennent pas nous emmerder) nous est assénée par...
septembre 2008
Le Matricule des Anges n°96

Courrier du lecteur – chronique

La preuve par huit Publié il y a treize ans aux États-Unis, « Surfiction » est un essai réjouissant. Clair et incitatif, il donne les bases d’une réflexion en mouvement. Constitué de huit textes vifs, Surfiction traverse une bonne partie de la littérature de création (« le roman expérimental ») des années 60 à aujourd’hui plus particulièrement aux U.S.A. Raymond Federman sait de quoi il parle, puisqu’il fut un des premiers de sa génération avec Quitte ou double (1971) à révolutionner le roman (dans la lignée de Cervantès, Sterne ou Joyce). Le bonhomme n’hésite d’ailleurs pas à se citer lui-même… Le texte inaugural est un « manifeste postmoderne » : écrit en 1973, ce texte programmatique n’a pas pris une ride, si ce n’est, peut-être, dans l’utopique part...
juillet 2006
Le Matricule des Anges n°75