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Dossier Antonio Lobo Antunes
Mémoire d’éléphant

février 1996 | Le Matricule des Anges n°15

Traduit en français pour les éditions Christian Bourgois, le premier roman d’António Lobo Antunes, Mémoire d’éléphant, devrait sortir en 1997. Sa parution concluera la première trilogie de l’écrivain à laquelle sont rattachés Le Cul de Judas et Fado Alexandrino. Voici les premières pages du premier roman du Portugais.

Il travaillait dans l’hôpital où son père avait exercé et où très souvent, pendant son enfance, il l’avait accompagné : un ancien couvent avec, sur la façade, une horloge de mairie de village, une cour aux platanes rouillés, des malades en uniforme errant au hasard abrutis par les calmants, le sourire gras du concierge retroussant ses lèvres vers le haut comme s’il allait s’envoler : de temps en temps, métamorphosé en encaisseur, ce Jupiter aux visages successifs surgissait devant lui au coin de l’infirmerie, sa serviette en plastique sous l’aisselle, en brandissant un bout de papier impératif et en suppliant :

- La petite cotisation de l’Association, docteur.
Putain de psychiatres organisés en une escouade de policiers, pensait-il à chaque fois en cherchant les cent escudos dans le dédale de son portefeuille, putain de Grand Orient de la Psychiatrie, des solennels étiquetteurs de souffrance, des mabouls atteints de l’unique forme sordide de folie qui consiste à surveiller et persécuter la liberté de la folie d’autrui sous le couvert du code pénal des raités de médecine, putain d’Art de Cataloguer l’Angoisse, putain de moi, concluait-il en empochant le rectangle imprimé de l’association, parce que j’y collabore en payant, avec ça, au lieu de poser des bombes dans les seaux de pansements et les tiroirs des bureaux des médecins pour faire exploser, en un triomphal champion atomique, cent vingt-cinq années d’idiotie à la Pina Manique. Le regard intensément bleu du concierge-encaisseur, qui assistait sans comprendre à un reflux de révolte qui le dépassait, l’enveloppait dans un halo d’ange médiéval apaisant : l’un des projets secrets du médecin était de sauter à pieds joints à l’intérieur des tableaux de Cimabue et de se dissoudre dans les ocres fanées d’une époque non encore polluée par les tables de formica et par les images pieuses de la petite Conceiçao : effectuer des plongeons rasants de perdrix, déguisé en séraphin potelé, vers les genoux de vierges étrangement semblables aux femmes de Delvaux, mannequins de frayeur nue dans les gares que personne ne hante. Un reste agonisant de fureur vint tournoyer dans l’émonctoire de sa bouche :

- Monsieur Morgado, pour la santé de vos couilles et des miennes, ne m’emmerdez plus avec ces conneries de cotisations pendant un an et dites à la Société de neurologie et de psychiatrie ainsi qu’à tous les fonctionnaires du cervelet de mettre mon argent bien enroulé et enduit de vaseline là où je pense, merci et j’ai dit, amen.
Le concierge-encaisseur l’écoutait respectueusement (à l’armée, ce type a dû être l’indic favori du sergent, découvrit le médecin) réinventant les lois de Mendel avec son intelligence de F2 de HLM :

- On voit tout de suite que le docteur est le fils du docteur : un jour, votre père a expulsé du laboratoire un inspecteur en le tirant par les oreilles.
L’azimut tourné vers le registre de pointage et un sein de Delvaux disparaissaient dans...

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