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Dossier Antonio Lobo Antunes
Le « Tandis que j’agonise » de Lobo Antunes

février 1996 | Le Matricule des Anges n°15 | par Thierry Guichard

Le huitième roman traduit en français d’António Lobo Antunes mêle autour d’un jeune drogué agonisant les voix de ses proches. Monologues intérieurs de gens ordinaires auxquels la mort ou la folie apportera la paix.

Lorsqu’Alvaro apprend, une nuit, qu’il va être père se fait jour une réalité cruelle : il n’aime pas sa femme, il ne l’a jamais aimée.Et il le lui dit, aussitôt, alors qu’elle est prise des nausées dues à sa grossesse : « - Je ne t’aime plus, pardon, je crois que nous ne nous sommes jamais aimés, je crois que je ne t’ai jamais aimée. (…) ce n’était pas de l’amour, c’était autre chose, nous nous sentions seuls tous les deux et je ne savais pas quoi faire, nous étions trop jeunes. »
L’enfant rejeté avant même d’être né, c’est Nuno, personnage central du roman, étendu au cœur de ces pages sur un lit d’hôpital où il se meurt.Et c’est justement alors qu’il agonise, face à cette mort qui rencoie chaque personnage au fond de lui-même, qu’Alvaro son père désirerait qu’il vive.La mécanique des sentiments semble, une nouvelle fois chez António Lobo Antunes avoir été montée à l’envers.
Et cette mort qui s’annonce, renvoie Alvaro à celle, superbe et poignante de son grand-père abandonné par sa femme qui l’a laissé seul avec son chien. Devenu célibataire, comme veuf, ce dernier a passé ces derniers mois à retourner sans cesse un jeu de cartes, dans d’infinies patiences autistes, et ce, jusqu’à ce que la mort vienne le chercher : « j’ai brassé les cartes, je les alignées sur le tapis de feutre et pour la première fois cela ne m’a pas ennuyé de ne pas terminer la patience, car j’étais sûr que je ne mourrais jamais, même quand je n’ai plus réussi à respirer, même quand mon cœur s’est arrêté, même quand je suis tombé brusquement sur la table ». Un chemin vers l’obscurité (« mourir, (…) c’est quand les yeux se transforment en paupières » dit un personnage) que suivra Nuno, de la même façon, avec la même sérénité : « et la difficulté à respirer, la douleur, la maladie, les dispositifs d’arrosage qui tournaient, les plates-bandes de l’enclos de l’hôpital et les arbres du stade s’évanouissaient sous moi, on a installé un paravent autour de mon lit, on m’a mis sur un brancard qui roulait et on a commencé à me pousser vers je ne sais où, mais ça m’était égal, ça ne m’intéressait pas de le savoir car on aurait beau faire, même après avoir fermé la porte, même après le froid de la chambre froide, et le silence, et les ténèbres, on ne pourrait pas m’empêcher de chanter. »
Construit en un peu plus de vingt chapitres, La Mort de Carlos Gardel compose un fado polyphonique où seuls ceux qui meurent ou deviennent fous trouvent un semblant de bonheur. Chacun de ces chapitres convoque un personnage dont le monologue intérieur accueille simultanément les souvenirs, les pensées du présent, les fantasmes ainsi que, parfois, les propos qu’une autre personne leur tient.Construction complexe donc, mais que la musicalité, la tension, maintient constament sur la ligne mélodique du roman. Les longues périodes, qui se déroulent en cascades entraînent le lecteur vers une chute (les chapîtres sont bâtis comme des nouvelles et s’achèvent toujours sur un climax) comme...

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