La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Entretiens Abdourahman A. Waberi "Ecrire le pays réel

juin 1996 | Le Matricule des Anges n°16 | par Dimitris Alexakis

Cahier nomade, le deuxième recueil de Waberi, écrivain djiboutien installé en France, précise une ambition de longue haleine : écrire l’abandon d’un pays, une histoire en marge de l’Histoire, le fait du colonialisme. La parole est ouverte.

Au mois d’août 1966, le général de Gaulle fit escale sur la côte française des Somalis. Une surprise l’attendait dans ce confetti de l ’Empire : des porteurs de pancartes que le gouverneur croyait venus saluer l’homme d’État exigèrent tout bonnement l ’indépendance immédiate (…) du territoire… Blessé, le général fit trois petits entrechats, et s’envola. Le confetti ne devait se détacher de la Métropole qu’une dizaine d’années plus tard. Après le départ du grand homme, beaucoup de cadavres furent retrouvés, gorge tranchée, à la morgue municipale… Le gouverneur de la ville était parvenu à étouffer la mémoire collective, pour longtemps. Mais il avait oublié les bébés - promesse, menace d )’ un futur. Abdourahman A. Waberi avait un an.
Pour qui découvre Djibouti à travers Le Pays sans ombre (1994) et le Cahier nomade (1996), les deux recueils que ce jeune écrivain a publiés aux éditions du Serpent à Plumes, l’indépendance de 1977 apparaît moins comme un arrachement que comme un deuil inaccompli ; un grand nombre de militaires français se trouvent d’ailleurs toujours en poste dans la ville. Au travers de courts textes, à mi-chemin de la nouvelle, de l’enquête journalistique et du conte, Abdourahman A. Waberi sonde la mémoire de son pays natal : une mémoire lacunaire, piégée, passée directement de la main des colons à celle des nouveaux maîtres, experts en rhétorique, charlatans d’indépendance. Il évoque ici cette histoire, le rapport qu’il entretient avec la France, où il est arrivé en 1985 et où il a choisi de vivre, son projet d’écriture : écrire le pays réel et ouvrir Djibouti, cette ville au visage lépreux, à l’universel - cap sur le monde.

On a le sentiment en vous lisant que la présence française à Djibouti était une occupation abstraite, réduite à quelques signes.
C’était effectivement une présence - absence : elle était et est toujours centrée autour de points névralgiques : le port, l’aéroport, les garnisons. Le pays ne présentait pas d’intérêt matériel, mais un intérêt symbolique et stratégique : les Français voulaient affirmer leur présence dans cette partie du monde, à côté des Anglais et des Italiens. Djibouti n’a jamais été une colonie de peuplement. Cela a permis aux autochtones, qui étaient des pasteurs nomades, de faire avec l’occupation. Ils ont pu ruser. Ils venaient en ville uniquement pour les soins…
Cette présence - absence donne un caractère particulier au pays…
Oui. Un caractère un peu schizophrénique.
Djibouti ne semble pas avoir connu cette joie éphémère, mais collective, qui a marqué en Algérie l’accession à l’indépendance.
C’est une indépendance qui a été octroyée, plus qu’arrachée. La joie, certes, il y en avait, mais elle a vraiment été de courte durée. J’avais douze ans à cette époque. En vieillissant et en relisant l’Histoire je me suis rendu compte que ça avait été négocié dans un ministère parisien, qu’on avait constitué des listes : N’appelez pas...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?