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Dossier Jacques Serena
Serena sans fard ni rimmel

janvier 1998 | Le Matricule des Anges n°22 | par Thierry Guichard

Peu fait pour les études, pas du tout pour le travail à l’usine, il croit être peintre jusqu’au jour où il se découvre écrivain.Son parcours ressemble à celui de ses personnages : d’un squat à une chambre de bonne, des marchés de la côte à la confrérie des auteurs de chez Minuit.Une existence à la lisière de la nuit.

Sanary-sur-Mer a retrouvé la foule des mois d’août. Le pâle soleil n’y est pour rien : le Téléthon ici aussi pousse les bonnes âmes à venir se payer une tranche de bons sentiments publics. La plage regarde passer cette longue file de piétons dédaigneux pour une fois du rivage. Il faut quitter le bord de mer, faire mine de s’enfoncer vers Ollioules, longer une voie ferrée à demi lépreuse, passer devant un café où boivent les joueurs de pétanque. Là, dans quelque chose qui fut un no man’s land investi par quelques maisons, il faut chercher le seul jardin non entretenu. Jacques Serena ne vit pas vraiment dans cette villa. C’est, plutôt, la résidence de Karen sa compagne et de leurs jumeaux Raphaël et Kevin. Il faut traverser la maison, glisser sur la droite du jardin et pénétrer à l’intérieur de ce que Karen pense avoir été une porcherie. C’est « le cabanon » où l’écrivain passe le plus clair de son temps. Comme dans un abri atomique, isolé, protégé. Le plafond y est bas, mais Serena n’est pas grand. Son sourire est presque plus large que lui ; ses joues ont gardé l’empreinte de milliers de ces sourires-là. Sa voix, où l’accent accroche des trilles au voile tendu par l’asthme reste perchée dans les aigus de l’enfance.
Dans cette pièce rectangulaire, toute en longueur, le bureau occupe la place centrale, face aux deux fenêtres. Des photos en noir et blanc pour la plupart, font un deuxième horizon. Jacques Serena enregistre un texte sur son ordinateur portable et propose, en cette fin de matinée, un fond de tequila ou de whisky irlandais. Dans son abri, l’écrivain n’a pas omis d’apporter son approvisionnement.
Il aurait peut-être fallu ne pas décliner l’offre, commencer d’abord par boire avant de parler. Prendre le sourire et l’hospitalité au pied du verre. Serena, peut-être alors, aurait-il plus facilement évoqué son enfance, son parcours d’humain. Aux questions touchant sa biographie, il répond sans peine, mais il ne parle pas, par exemple « Des années timides dans les bruits de vaisselle et des portes qui claquent. Des années timides en blouse grise. Des jours gris à ne pas jouer dans la cour avec les autres, à chantonner tout seul à voix très basse sous le préau » (L’Idiot en armure). Cette solitude de l’enfance, l’enfermement à l’intérieur de soi, le rapport difficile au monde, la fragilité du corps et des sentiments face à la violence des autres ; bref, cette catastrophe d’être né, on la retrouve dans ce manuscrit volumineux, matrice de l’œuvre à venir, cet Idiot en armure qui lui ouvrira les portes des éditions de Minuit.
Si l’on aime les clins d’œil de l’Histoire, on appréciera que Jacques Serena ait eu 18 ans en 1968 et qu’il soit né à Vichy. Son père travaille dans une usine de bouchons avant de retrouver son travail trois ans plus tard, en 1953, à La Seyne-sur-Mer. La famille compte quatre enfants : trois garçons et une fille.
Jacques Serena ne s’attarde pas à évoquer sa jeunesse et y met très vite un point...

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