La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Les boucles de l’enfance

septembre 1998 | Le Matricule des Anges n°24 | par Hubert Delobette

Les romans sur l’enfance jouent souvent le rôle salvateur d’exutoire, sortant les cadavres du placard, pour mieux les enterrer ensuite. Le Vert-Clos n’est pas de ceux-là. La démarche de Frédéric Valabrègue est même aux antipodes : « J’ai toujours pensé que mon travail d’écriture consistait à rafraîchir les tombes à faire d’elles mon jardin ouvrier ». Aussi ce récit cultive-t-il les souvenirs tels qu’ils poussent sur le terreau de la mémoire, plantes rampantes, vénéneuses, gorgées de suc et de soleil. Raconter l’enfance n’est pas simple. Car la réminiscence ne peut être linéaire. Ainsi sera le texte, dénué de chronologie : « Personne ne pourra jamais faire d’un âge quelque chose de fini, de bouclé, d’achevé. Les gens n’évoluent pas. Ils accumulent. (…) Même larvée mon enfance continue à s’étendre. Elle n’est derrière ni devant moi. Elle ne finit pas ». Avec une écriture d’une force et d’une beauté vertigineuses, Valabrègue nous raconte ses parents, leur violente déchirure au domaine du Vert-Clos, la peur, l’abandon, vécus avec ses deux frères. La honte et les secrets de famille qui font que l’enfance n’est pas le temps de l’innocence. Mais celui du non-dit, de « la parole interdite ». Les enfants ne sont pas candides. La naïveté leur est étrangère. C’est « pour faire plaisir aux adultes » qu’ils la feignent. Ils n’ont pas la faculté d’analyse, mais celle du savoir immédiat. Les adultes aiment les réduire à « un seul nom générique ». Mais cette entité tricéphale perçoit le moindre signe émanant des adultes. « Nous avons la connaissance du désir et de l’amour. Nous sentons les gens qui s’attirent ». Victimes ballottées par le séisme d’un adultère qu’ils ont pourtant décelé, les garçons décident d’en finir avec leur statut. « Ne plus être enfants, cela veut dire ne plus être blousés ». Aussi « abdiqu(ent-ils) l’enfance sans aucun chagrin et sans même savoir que d’aucuns lui accordent un prix ». C’est avec un brio indiscutable que Frédéric Valabrèg

Le Vert-Clos
Frédéric Valabrègue

P.O.L
203 pages, 89 FF

Les boucles de l’enfance Par Hubert Delobette
Le Matricule des Anges n°24 , septembre 1998.
LMDA PDF n°24
4.00 €