La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie Les petits glissements

janvier 2000 | Le Matricule des Anges n°29 | par Emmanuel Laugier

Auteur de cinq livres, Isabelle Pinçon lance des petites phrases aiguës, tendrement cruelles, sur ce qui entoure la vie des êtres et leur quotidien.
Je vous remercie merci, le petit dernier, travaille dans ce même rythme intérieur, mais sans pour autant faire croire que l’auteur s’essouffle et se répète. Des bandeaux de proses courtes, sans ponctuation, accélèrent le rythme, les brusqueries syntaxiques et les changements de ton. Pour exemple, ceci : « Lentement je démonte les pièces fragiles La région/ des grands lacs/ Dans nos yeux encore quelques voix à casser ». Ce livre semble faire le deuil d’une séparation, du moins de quelque chose en train de se terminer. Quelqu’un s’en va, quelqu’un déménage.
Il y a alors, chez Isabelle Pinçon, cette façon de narrer des événements communs tout en créant des bulles mystérieuses de sens : dans C’est curieux (Cheyne, 1995), les hommes remplissent leur bras de papier journal pour fuir leurs propres gestes ou bien c’est un enfant qui naît derrière une serviette qui sèche, et la serviette qui a du mal à sécher s’évapore.
Il y a comme un sorcier, un malin génie, derrière les choses : quand les hommes sont lâches, leur âme maigrit soudainement dans le vêtement endormi de leur corps.
Emmanuelle vit dans les plans, Prix Kowalski 1994 (Cheyne éditeur) jouait déjà dans ces sortes de glissements, et c’est tout l’espace des perceptions qui alors changeait. Dans Je vous remercie merci, on marche carrément sur la tête, parce que ses phrases sont finalement des lames de vérité : « J’ouvre grand pour que les moustiques autres/ insectes entendent ton départ C’est-à-dire Ce qui/ manque entre les doigts Cette vapeur blanche/ tu me manques entre les doigts ».
Une écriture qui compte indéniablement parmi les plus singulières d’aujourd’hui.

Je vous remercie merci
Isabelle Pinçon

Éd. Le Bruit des autres
11 rue Thalès, 87000 Limoges
105 pages, 60 FF

Les petits glissements Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°29 , janvier 2000.