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Entretiens Les spectres attachants de l’enfance

août 2001 | Le Matricule des Anges n°35 | par Thierry Guichard

Dans Fantômes, Dominique Fabre donne corps à la suite de Ma vie d’Edgar. Récit d’une adolescence en 1975, son quatrième livre possède une grâce et un ton unique.

En 1998 paraissait Ma vie d’Edgar (Le Serpent à plumes). La voix de Dominique Fabre s’y affirmait à travers les paroles d’un jeune enfant aux grandes oreilles, qui absorbait le monde environnant, doté d’une forme d’hypersensibilité handicapante. L’auteur était parvenu à transcrire avec fidélité la parole et le mode de perception d’un petit de cinq ans.
Avec Fantômes, le lecteur retrouve Edgar quelques années plus tard. La langue de Dominique Fabre a su s’adapter et trouver un nouvel angle d’attaque. Le texte réussit à chaque page, par sa fausse légèreté, à restituer l’âge de tous les bouleversements, à faire parler l’adolescence. Les personnages qui évoluent autour du jeune garçon sont les mêmes que dans Ma vie d’Edgar, avec quelques rides de plus. Il y a Isabelle, la mère lointaine, ton Jos et tan Gina, chez qui Edgar était en nourrice. Le père aussi, qui fait toujours défaut. Il est Celui qui n’est pas là, pour reprendre le titre du recueil de nouvelles publié par Dominique Fabre (Le Serpent à plumes, 1999). Le monde de l’enfant prend progressivement ses distances et l’adolescent le regarde s’éloigner avec une certaine tristesse. Fantômes se livre comme un texte de perte. Le roman tente de cerner un déchirement. L’auteur s’est attaché à rendre la teinte exacte de ce moment mal balisé, celui où le corps, entre deux eaux, tâtonne pour trouver ses marques.
Nous sommes en 1975. Edgar a quinze ans. Il fume et porte les cheveux longs. Mais surtout, l’adolescent a des boutons dans le dos, un corps qui change. L’âge importe plus ici que l’époque. Les doutes et le malaise qui en découle transparaissent souvent sous la page. « Les jours passent vite. Il fait très beau dans mes souvenirs. » Dominique Fabre a le pouvoir d’investir celui qui, il l’avoue lui-même, est un peu son double. L’auteur invite le lecteur à voir le monde à travers les yeux d’Edgar, à faire le tour du jeune homme en restituant fidèlement sa voix. Car lorsqu’Edgar parle, on l’imagine parfaitement à la charnière, entre l’enfant et l’adulte. « Je grandis, au milieu des soucis d’Isabelle. 1975 n’est pas sa bonne année, je me dis parfois. Maman prend des cachets, elle mange les mots qu’elle ne dit pas. Je voudrais bien comprendre, je voudrais en prendre moi aussi. On parlerait peut-être ? On se ressemblerait. On se ressemblait bien avant, quand j’étais petit. » La langue de l’écrivain sonne vrai et les images continuent d’y affluer pour la renforcer, comme dans Ma vie d’Edgar. Elles se télescopent dans le corps de celui qui parle, se trouvant contaminées, dorénavant, par les obsessions du jeune homme. L’auteur a une manière unique de rendre impalpables les glissements entre réalité et fantasme. Le récit évolue, rythmé par ces nombreux décrochages. L’adolescent y invente des scènes pour remplacer un réel troué, où il manque trop de pièces.
« C’est embêtant, souvent j’ai tellement de choses à faire que je ne sais même pas par où commencer. Je vais sans doute aller voir...

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