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Entretiens Poème subliminal

août 2001 | Le Matricule des Anges n°35 | par Thierry Guichard

Un récit que notre joie empêche

Auteur de neuf livres ou recueils, Hervé Piekarski suit une voie en dehors des sentiers battus et des chemins d’écoles. Sous la poésie, le monde apparaît.
On a l’impression à lire Un récit que notre joie empêche d’assister à la réalisation d’une sculpture à rebours. Pour le sculpteur, un bloc de marbre renferme une forme bien précise qu’il va faire advenir. Ici aussi une forme, un récit apparaît : un père et son fils, une maison vendue, une camionnette en feu, un drame. Mais cette narration est recouverte par la matière même de la langue. Entre dévoilement et recouvrement, mystère et révélation, le long poème s’élève comme des pans de mur qui empêchent la vision du paysage mais permettent aussi que des fenêtres sur le monde soient créées. Du coup cette empreinte d’un récit revêt un caractère originel, ouvert à jamais sur notre propre sentiment d’être au monde. Le lecteur perçoit des bribes d’une histoire à jamais enfouie en même temps qu’une autopsie mécanique de la langue démonte la narration, déjoue la mélodie. Tenté de déchiffrer ce qui se passe là, il doit abandonner toute lecture qui ne serait pas elle-même une expérience.
Le livre est le lieu d’un conflit entre deux langues. À celle qui se donne pour poétique et exhibe son apparente beauté : « Un bouquet de roses sur la table apaise la salle », répond, mécanique et incisive celle qui rejette jusqu’aux verbes : « Fixations. Transparence. Imperfection du système de fixation des tenseurs- ». La première habille le monde, lui fait revêtir ses apparats, la seconde le dévêt, le dénude. Comme s’il fallait désapprendre à dire le monde pour enfin le voir.
Hervé Piekarski est un grand bonhomme au regard étonné. Sa voix change de registre pour parler de littérature. Il le fait avec la même ferveur qu’on entend, lorsque, la conversation détournée vers l’actualité du football, il évoque avec nostalgie les défuntes équipes d’anciens clubs oubliés. C’est la même impétueuse ferveur de l’enfance.

Un récit que notre joie empêche semble raconter une histoire qui apparaît par intermittence, comme si vous vouliez la garder secrète. Est-elle à l’origine de l’écriture de votre recueil ?
C’est un livre et plus que ça, c’est un seul poème. Ce n’est pas un recueil, c’est un texte. Il y a une origine, mais que je découvrais en écrivant.
À l’origine, il y a l’expérience d’une tension dans la langue et dans mon existence par le fait que j’écrivais ce livre. Quand le poème s’écrit, il est livré à une action de « tenseurs ». Cette tension est une manière d’être et cette manière d’être suspend : le monde est suspendu, celui qui écrit est suspendu.
J’ai grandi dans l’idée que je serai et que je devais être un poète. J’ai été élevé dans cette idée. Or, je n’ai jamais vraiment aimé la poésie et il m’est apparu que cette poésie, il fallait la suspendre. Je crois que lorsque la littérature est suspendue dans les grandes oeuvres, à ce moment-là et à ce moment-là seulement...

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