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Entretiens À portée de voix

juin 2002 | Le Matricule des Anges n°39 | par Pascal Paillardet

Écrite en mémoire de la « voix dedans et parfaite », l’oeuvre de Ludovic Janvier raconte l’obstination d’un écrivain à fuir la condamnation du silence. Deux livres réaffirment la singularité du timbre de cet auteur exigeant.

Encore un coup au cœur

Tue-le !

Comment dire ? Sur quel ton ? À travers quelle voix ? Depuis la publication en 1964 de son essai sur le Nouveau Roman, Une parole exigeante (Minuit), Ludovic Janvier réitère ses sommations au silence. Convaincu que l’écriture est la perpétuelle tentation d’apaiser l’ « infinie fringale de nommer », il s’inflige le désespérant et indispensable devoir du discours. Opiniâtre, il s’obstine à croire aux mots et s’acharne à combler, par le goutte-à-goutte de la « parole sablier », ce manque que tout propos porte forcément en lui. « Jamais les humains ne supporteront qu’il n’y ait pas de mots », écrit-il dans l’un de ses textes. Romancier, essayiste, poète et nouvelliste, Ludovic Janvier est avant tout l’écrivain public d’une « armée d’ombres aspirant au repos, le repos d’avoir été dit ». Réquisitionnées par la fiction, apostrophées par l’écriture, rétablies dans leurs singularités lors de monologues et de soliloques, ces ombres vibrent dans tous ses ouvrages, et notamment dans ses deux nouveaux recueils de nouvelles Tue-le ! et Encore un coup au coeur. « Écouteur », Ludovic Janvier se révèle à travers la voix de l’autre. À travers toutes ces voix qui occupent, sans la saturer, la portée qui préside à la musique de ses livres, harmonieuse, fragile et douce. Des voix aux multiples timbres pour s’écouter soi. Des incarnations pour s’observer du dehors. « Vous n’avez sans doute devant vous que le fantôme de Ludovic Janvier, ne soyez pas déçu par mon air égaré ! », prévient l’écrivain avant de se soumettre à un entretien qui s’achèvera, forcément, par l’évidence de l’impossible à dire. « Dans un texte, Pied à pied, je me suis moqué des interviews ! Je me suis amusé à parodier les deux instances en présence lors d’une entrevue : qui veut savoir quoi… et qui répond à côté de la plaque ! » Jamais le silence, toujours la parole.

Commençons par un contre-pied… Dans l’un de vos textes, « La passe ! », vous célébrez le souvenir d’un jeune ami footballeur, virtuose du dribble. Vous révélez avoir reçu le « baptême de la pensée » de ce « Fregoli des espaces » ! Même en cette période de Coupe du Monde de football, l’éloge n’est-il pas excessif ?
Non ! Il y a comme une écriture qui se déploie sur la pelouse d’un stade. Le Marocain Ben Barek était un dentellier sublime. Les Hollandais Johan Cruyff et Marco Van Basten, et bien sûr Michel Platini, ont connu eux aussi ces moments de grâce. Certains joueurs semblent réfléchir balle au pied, comme s’ils aiguillonnaient une idée de la pointe de leurs chaussures. Lorsqu’ils filent en direction de l’aile, avec cette réflexion au bout de leurs crampons, les attaquants écrivent une page. Quand ils centrent en retrait, après avoir réussi un débordement, ils me donnent l’impression de dessiner une espèce de paraphe que le but achève en apposant sa signature… Le jeune Landrau, le footballeur évoqué dans « La passe ! » a réellement existé : on aurait dit qu’il griffonnait quelque chose dans son couloir,...

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