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Poésie L’éclaircie

janvier 2004 | Le Matricule des Anges n°49 | par Emmanuel Laugier

Un pré

Poète, essayiste, traducteur (Ezra Pound, William Carlos Williams, George Oppen…), Yves di Manno renoue avec son cycle ethno-poétique, inauguré par Les Célébrations (Bedou, 1980). Il faut entendre par cette appellation une tentative de retranscription, dans le poème d’aujourd’hui, des puissances rituelles, ou funéraires, ou éthiques, de certaines civilisations passées ou de tribus. Un Pré, sous-titré « Chemin vers », s’attache ainsi à l’énergie des ritualisations et aux liens qu’ils ont avec le sacré, des périodes de fertilité de la terre et de la femme (qui sont unes) aux moments propices à la chasse, à la séduction, aux transes, aux messages venus du ciel. Si l’on ignore de quelle terre vient ce que décrit Yves di Manno (on pense à l’Afrique, parfois à la forêt amazonienne), ce n’est pas ce qui importe. Mais plutôt la façon dynamique que l’auteur a de convoquer cette réserve de données, de les rendre sensibles jusqu’à la violence de leur surgissement : « On fend les écorces en deux/ la sève qui s’écoule/ est recueillie dans des coupelles. /// Aux cinq rochers dressés en demi-cercle/ correspondent cinq étoiles au ciel/ cinq épis disposés sur l’autel/// : les cinq doigts du nourrisson/ dont on a tranché la main/ portée en amulette ». En huit parties, Un pré fouille le corps fumant de ces ailleurs, aussi mythiques que pulsionnels, en des poèmes finalement presque calmes. C’est l’effet de distanciation réussi de ce livre, comme hors du temps.

Un pré de Yves di Manno
Flammarion, « Poésie », 148 pages, 16

L’éclaircie Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°49 , janvier 2004.